L’AGASA renforce la sécurité alimentaire au Gabon avec 18 nouveaux officiers assermentés chargés de contrôler, constater et sanctionner les infractions sanitaires.

Libreville a vécu un moment fort ce samedi 25 avril 2026. Devant le Tribunal de Première Instance, dix-huit cadres de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA), parmi lesquels leur Directeur Général, ont officiellement prêté serment en qualité d’Officiers de Police Judiciaire à compétence spéciale. En clair : l’État gabonais vient de muscler sa riposte contre les aliments dangereux, les fraudes sanitaires et les manquements phytosanitaires.
Ce n’est pas une simple formalité administrative. C’est un acte lourd de sens. Désormais, ces agents ont le pouvoir légal de constater les infractions, dresser procès-verbal, engager les procédures prévues par la loi et faire respecter les normes liées à la sécurité sanitaire et nutritionnelle des aliments. En langage simple : quand un produit met la population en danger, l’AGASA peut désormais frapper plus vite et plus fort.
Et ce renforcement tombe au bon moment. Dans le monde, la sécurité alimentaire est devenue une urgence de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 600 millions de personnes tombent malades chaque année après avoir consommé des aliments contaminés, soit près d’une personne sur dix dans le monde. Ces intoxications causent environ 420 000 décès par an, dont une part importante touche les enfants de moins de cinq ans.
Pour les économies africaines, l’enjeu est aussi financier. L’OMS et la Banque mondiale estiment que les pays à revenu faible et intermédiaire perdent 110 milliards de dollars par an en dépenses médicales et pertes de productivité liées aux aliments impropres à la consommation.
Au Gabon, où les marchés, la restauration collective, les importations alimentaires et la transformation locale prennent de l’ampleur, disposer d’une agence capable de contrôler, sanctionner et prévenir devient stratégique. Car un seul lot contaminé peut toucher des centaines de familles, fragiliser la confiance des consommateurs et nuire au commerce.
Cette prestation de serment marque donc une nouvelle étape. L’AGASA ne sera plus seulement perçue comme un organe technique. Elle entre pleinement dans une logique d’action, de contrôle terrain et de protection directe des populations. Produits périmés, conservations douteuses, pesticides non conformes, importations irrégulières ou denrées dangereuses : les opérateurs peu rigoureux savent désormais qu’ils auront face à eux une institution outillée.
Dans un contexte mondial où les chaînes d’approvisionnement deviennent plus complexes, où le climat augmente certains risques sanitaires et où les consommateurs exigent plus de transparence, le Gabon envoie un signal clair : la santé du peuple n’est pas négociable.
L’AGASA a adressé ses félicitations aux dix-huit impétrants. Mais au-delà des félicitations, c’est une responsabilité immense qui commence. Le serment a été prononcé. Les pouvoirs sont donnés. Le terrain les attend.
Au quartier, on dirait simplement ceci : désormais, on ne va plus jouer avec ce que les Gabonais mangent.
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REVE NGOUL-ALY


