Journée Mondiale de la Tuberculose. « Oui, nous pouvons mettre fin à la tuberculose »…mais au Gabon, le mutisme reste le premier obstacle.

ONASIA MABITI

C’est un appel à l’action en cette Journée mondiale, et le message est clair : oui, nous pouvons mettre fin à la tuberculose. Mais au Gabon, cela ne sera possible que si chacun accepte de briser le silence, de s’informer et surtout d’agir.

Chaque 24 mars, le monde célèbre la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, une occasion de rappeler qu’il est possible d’éliminer cette maladie évitable et guérissable. C’est dans ce contexte que le thème de cette année s’y inscrit : il affirme que: Oui, il est possible de mettre fin à la tuberculose. Une ambition mondiale qui se heurte à une réalité qui est bien plus complexe dans certains pays, notamment au Gabon. C’est une maladie encore entourée de mutisme. Dans notre pays, la tuberculose reste une maladie taboue. Elle est souvent associée à la honte, à la pauvreté ou à des croyances erronées. Cette stigmatisation pousse de nombreuses personnes à cacher leurs symptômes, à éviter les centres de santé et surtout à refuser le dépistage et d’en parler autour de soi. Pourtant, tousser pendant plusieurs semaines, perdre du poids ou ressentir une fatigue persistante sont des signaux d’alerte qui devraient conduire immédiatement à une consultation médicale.

Et Le dépistage reste l’un des maillons les plus faibles dans la lutte contre la tuberculose au Gabon. Beaucoup de gens ignorent qu’il est gratuit dans plusieurs structures de santé. D’autres craignent le regard des autres ou les conséquences sociales d’un diagnostic positif. Au final la maladie est souvent détectée tardivement, ce qui augmente les risques de transmission au sein des familles. Heureusement le thème de cette année rappelle une vérité essentielle : mettre fin à la tuberculose est possible, mais tout ceci va bien au-delà des actions internationales menées. Et nécessite plutôt une transformation des mentalités au niveau local. Tout en passant par une sensibilisation continue pour briser les tabous; une meilleure information sur les symptômes et les moyens de prévention, un encouragement au dépistage précoce et surtout, un accompagnement sans jugement des malades.


Si nous décidons de briser le silence pour sauver des vies, cette lutte contre la tuberculose ne se gagnera pas uniquement dans les hôpitaux ou les laboratoires. Elle se gagnera aussi dans les conversations, dans les familles, dans les quartiers. Car parler de la tuberculose, c’est déjà commencer à la combattre.
Et refuser le dépistage par peur ou par honte, c’est laisser la maladie se propager. À l’inverse, se faire dépister, c’est se protéger soi-même et protéger les autres.
Car au-delà des politiques et des programmes, la véritable lutte commence par un geste simple : oser se faire dépister.

MARIE-CELINE AKANDA.

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