Parmi les dossiers soulevés, l’honorable Elie-Colin Akoué a présenté des préoccupations relatives aux retards des travaux de bitumage de la route reliant le pont de Meyo-Kyé, sur un linéaire de six kilomètres, ainsi qu’à la mise en œuvre du programme de développement intégré de la zone des trois frontières entre le Gabon, le Cameroun et la Guinée équatoriale. Concernant le chantier routier, le député a rappelé que le 22 novembre 2023, le président de la Transition de l’époque, Brice Clotaire Oligui Nguema, avait officiellement lancé les travaux. Près de trois ans après cette cérémonie, l’avancement du chantier suscite des interrogations. Le parlementaire a notamment demandé au gouvernement de préciser le montage financier retenu, le niveau réel des décaissements et les difficultés éventuelles liées à l’application des dispositions contractuelles. Sur le programme des trois frontières, il a également relevé le décalage entre l’installation des organes de gestion et l’absence de réalisations sur le terrain. En réponse, le gouvernement a avancé plusieurs contraintes matérielles, financières et sociales, tout en mettant en cause les insuffisances de l’entreprise chinoise attributaire du marché. Des sanctions pourraient être envisagées à son encontre. Dans le secteur de la formation professionnelle, le député de Makokou, Guy-Roger Ekazama, a, pour sa part, alerté sur la grève illimitée des formateurs. Les mauvaises conditions de travail, les irrégularités administratives et les vacations impayées alimentent ce mouvement qui perturbe le fonctionnement des établissements. En réponse à cette interpellation, la ministre chargée du secteur a annoncé une enveloppe de 800 millions de FCFA pour régler les vacations et apurer la dette accumulée. Cette annonce devra désormais s’accompagner de mesures administratives et financières susceptibles de favoriser une reprise durable des activités pédagogiques.
Sur le plan sanitaire, le député Marcel Germain Loumbangoye Onkamouo a appelé l’attention du gouvernement sur la mort inexpliquée d’une cinquantaine de chiens dans la localité de Bouma, au sein du département de la Sébé-Brikolo. La ministre de la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a indiqué qu’une mission d’évaluation des risques s’était rendue dans la zone afin d’examiner la situation. Les premières analyses auraient évoqué la présence du germe responsable du tétanos. Toutefois, aucun effet sur la santé humaine ou l’environnement n’avait été signalé au moment de son intervention. La ministre a assuré que la situation était maîtrisée, tout en recommandant le maintien de la vigilance dans l’attente des conclusions définitives des investigations. Les infrastructures sportives ont également retenu l’attention des députés. L’honorable Donatien Afatoughe-Bie a interrogé le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, sur l’état des stades d’Oyem, de Port-Gentil et d’Angondjé, ainsi que sur l’interruption du chantier du stade omnisports Omar-Bongo. Le membre du gouvernement a reconnu les difficultés techniques et financières qui freinent ce dernier projet, faisant notamment état d’une dette de 70 milliards de FCFA. Il a par ailleurs annoncé le lancement d’études de réhabilitation pour les stades d’Oyem, de Port-Gentil et d’Angondjé, avec des partenaires identifiés. Selon les indications communiquées au cours des échanges, le stade de Franceville demeure la seule infrastructure sportive gabonaise homologuée. Ces explications soulignent les difficultés auxquelles se heurte la modernisation des équipements sportifs, dont la disponibilité dépend autant de leur construction que de leur entretien et de leur mise aux normes.
À l’issue de ces échanges, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a insisté sur la nécessité de rapprocher davantage l’institution parlementaire des citoyens. Il a notamment plaidé pour l’effectivité de l’autonomie financière de l’Assemblée nationale, estimant que des ressources adaptées permettraient aux députés de multiplier les missions de terrain et de renforcer le contrôle de l’action gouvernementale. Cette question prend une importance particulière au regard des différents dossiers examinés au cours de la séance. Le suivi des travaux de Meyo-Kyé, le règlement des vacations dans les centres de formation professionnelle, la relance du programme des trois frontières et la réhabilitation des infrastructures sportives nécessitent désormais des réponses précises et des échéances clairement définies. Pour les parlementaires, le contrôle de l’Exécutif doit également permettre de vérifier la réalisation des engagements annoncés, d’identifier les responsabilités en cas de retard et de rendre compte aux populations. Les échanges du 3 novembre rappellent ainsi que l’action publique ne peut se mesurer uniquement aux annonces formulées par les membres du gouvernement. Elle doit aussi s’apprécier à travers les réalisations, le respect des calendriers et les améliorations observées dans les différentes localités du pays.