Le Gabon enregistre une progression importante de sa connectivité numérique. Au premier trimestre 2025, le taux de pénétration des abonnements Internet a atteint 127,89 %, selon les données de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), reprises par Sika Finance. Cette performance repose principalement sur la forte présence de l’Internet mobile, qui domine largement le marché des télécommunications. Toutefois, derrière ces chiffres se cachent des disparités qui interrogent sur l’accès réel des populations aux services numériques.

L’Internet mobile domine largement le marché
La connectivité gabonaise repose essentiellement sur les réseaux mobiles. Au premier trimestre 2025, l’Internet mobile représentait 94,65 % du parc total des abonnements, contre seulement 5,35 % pour l’Internet fixe. Cette répartition traduit la place centrale du téléphone portable dans les habitudes de connexion des populations. Les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les plateformes numériques occupent désormais une place importante dans les usages quotidiens. Cette évolution accompagne les transformations des modes de communication, d’information et de consommation. Néanmoins, la forte dominance du mobile ne signifie pas que les autres formes de connexion, notamment la fibre optique, sont absentes du marché.
Un taux de pénétration des abonnements Internet de 127,89 % ne signifie pas que plus de 100 % des Gabonais utilisent Internet. Cet indicateur rapporte le nombre d’abonnements à la population totale. Une même personne pouvant disposer de plusieurs cartes SIM ou abonnements, le résultat peut donc dépasser les 100 %. Il convient ainsi de distinguer le nombre d’abonnements du nombre de personnes réellement connectées. À la fin de l’année 2025, la proportion de la population gabonaise utilisant effectivement Internet était estimée à 71,9 %. Cette différence montre que la progression des abonnements ne garantit pas, à elle seule, un accès universel au numérique.
Malgré les avancées enregistrées dans le secteur des télécommunications, l’accès à Internet demeure inégal. Le coût des forfaits, l’achat des smartphones, la qualité de la connexion et les difficultés rencontrées dans certaines zones rurales constituent encore des obstacles pour une partie de la population. La prédominance de l’Internet mobile pose également la question de la diversification des infrastructures et du développement de connexions fixes performantes, notamment pour les usages professionnels, éducatifs et administratifs. Ainsi, au-delà de la hausse du nombre d’abonnements, le véritable enjeu pour le Gabon consiste à rendre Internet plus accessible, plus stable et financièrement abordable. La réussite de la transition numérique dépendra autant de l’extension des infrastructures que de la capacité des populations à profiter concrètement des services qu’elles offrent.
Kendra Charlène NDAVOURA
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