Égypte : Abdel Fattah al-Sissi annonce son départ en 2030, mais prépare déjà sa succession.

Davilla AKANG
Abdel Fattah al-Sissi

L’Égypte se prépare à une possible transition politique en 2030. Le président Abdel Fattah al-Sissi prévoit de quitter ses fonctions en avril de cette année, à la fin de son mandat. Il souhaite toutefois que les futurs dirigeants soient préparés aux responsabilités qui les attendent, plaçant ainsi la question de sa succession au cœur des enjeux politiques du pays.

egypte

L’avenir politique de l’Égypte se dessine autour d’une échéance : avril 2030. À cette date, Abdel Fattah al-Sissi envisage de mettre un terme à ses fonctions présidentielles. Lors d’une intervention devant des élèves de l’Académie militaire, il a présenté cette décision comme définitive, tout en insistant sur la nécessité de préparer la relève.

Au pouvoir depuis 2014, le président égyptien a été réélu pour un troisième mandat de six ans après la révision constitutionnelle de 2019. Son maintien à la tête du pays jusqu’en 2030 pose désormais la question de l’organisation de l’après-présidence. Dans un discours prononcé le 17 octobre à la Nouvelle Capitale administrative, il a souligné l’importance de former les personnes appelées à exercer les plus hautes responsabilités de l’État.

Quel avenir politique pour l’Égypte après Al-Sissi ?

Pour préparer cette transition, les autorités misent notamment sur l’institution militaire. L’Académie militaire égyptienne prévoit de lancer, dans un délai de 30 mois, un programme de formation supérieure consacré à la gouvernance et aux études stratégiques. Placé sous la supervision des forces armées, ce cursus doit préparer de futurs cadres et responsables publics, parmi lesquels pourraient figurer des personnalités susceptibles d’accéder aux plus hautes fonctions politiques.

Cette initiative intervient alors que le pays traverse une période économique difficile. L’Égypte doit notamment faire face à une inflation élevée, à la dépréciation de sa monnaie et à une dette extérieure estimée à près de 165 milliards de dollars. Dans ces conditions, la stabilité politique représente un enjeu supplémentaire pour les autorités, confrontées à des défis économiques importants.

Par ailleurs, les événements de 2011 continuent de peser sur le discours politique du président. La chute de Hosni Moubarak, provoquée par une mobilisation populaire, reste un épisode marquant de l’histoire récente du pays. Abdel Fattah al-Sissi considère cette période comme un avertissement contre les risques d’instabilité. Il entend également empêcher un retour des Frères musulmans au pouvoir.

En affirmant qu’il ne souhaite pas briguer un quatrième mandat, le président affiche sa volonté de quitter ses fonctions à l’échéance annoncée. Toutefois, la place accordée à l’armée dans la préparation des futurs dirigeants soulève des interrogations sur les conditions de cette succession et sur l’ouverture du processus à d’autres acteurs politiques.

Ainsi, si le départ d’Abdel Fattah al-Sissi en 2030 se concrétise, l’enjeu ne se limitera pas au changement de président. La manière dont le pouvoir sera transmis et l’influence que conservera l’institution militaire seront également déterminantes pour comprendre l’évolution politique de l’Égypte.

 

 

Davilla AKANG

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