Le mercredi 30 septembre, à la mairie de Libreville, a été présenté le projet d’installation de toilettes publiques sèches et écologiques, porté par Obone Regisse avec l’appui du 3e maire adjoint, Israël Malam Salatou, et des responsables municipaux. Ces toilettes fonctionnent sans eau, grâce notamment à des copeaux de bois, ce qui permet de réduire l’usage de l’eau potable dans plusieurs secteurs de la capitale. Leur premier objectif est de valoriser la matière organique qui en est issue, sous forme de compost destiné à l’agriculture.

Le choix des toilettes sèches n’est pas anodin. Elles ne demandent pas de gros travaux de raccordement et consomment peu de ressources. Elles transforment ce qui serait un déchet en matière utile pour la terre. C’est cette dimension écologique qui fait la force du projet : à Libreville, un besoin du quotidien devient une ressource pour l’agriculture.

Cette initiative apporte aussi, de manière indirecte, une réponse à un problème que chacun connaît. Il suffit de marcher quelques minutes dans certains quartiers pour voir des murs, des ruelles, des abords de marchés et des recoins de trottoirs transformés, faute de mieux, en toilettes à ciel ouvert. À la gare routière, des usagers urinent à quelques mètres seulement de l’endroit où s’arrêtent les taxis, et les odeurs y sont si fortes que les gens ont du mal à respirer. Se soulager dans la rue n’est pas normal. Désormais, avec des toilettes publiques, les habitants, les commerçants, les usagers des taxis et les visiteurs disposeront d’un endroit décent, ce qui devrait réduire peu à peu ces pratiques, les odeurs et les risques pour la santé publique.
L’implication des responsables municipaux, dont le 3e maire adjoint Israël Malam Salatou, est un signal positif. Elle montre que la salubrité publique est enfin prise au sérieux. Cette initiative mérite d’être félicitée. Pour qu’elle réussisse, il faudra toutefois veiller à l’entretien régulier des toilettes, à leur accessibilité et à leur bonne répartition dans les zones les plus fréquentées, à commencer par la gare routière, ainsi qu’à la sensibilisation des populations. En se dotant enfin de toilettes publiques, Libreville fait un pas vers une ville plus propre, plus saine et plus durable. Reste désormais à transformer l’essai.
Dorina MBA
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