Sucre : le Gabon face à une bataille entre production locale et importations

Jovalie ONDO

La filière sucrière gabonaise tire la sonnette d’alarme. Avec seulement 14 640 tonnes de sucre produites localement, contre 22 070 tonnes importées, le marché national est désormais largement alimenté par le sucre venu de l’étranger. Une situation qui fragilise la production nationale et place les pouvoirs publics devant un choix difficile.

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SUCAGABON sous pression

Au cœur des inquiétudes, SUCAGABON, qui emploie 552 salariés et a consenti d’importants investissements depuis la reprise des activités de l’ancienne SUCAF.
Pour l’entreprise, la montée des importations constitue une menace directe pour la rentabilité de ses opérations. Après avoir investi pour maintenir et développer l’outil de production, SUCAGABON voit désormais ses efforts confrontés à une concurrence étrangère qui gagne du terrain sur le marché gabonais.

L’entreprise appelle ainsi les autorités à renforcer les mesures de protection de la filière afin de donner davantage d’espace au sucre produit localement.

22 070 tonnes importées contre 14 640 tonnes produites

Les chiffres illustrent l’ampleur du déséquilibre. Les importations représentent environ 60 % de plus que la production nationale. Autrement dit, pour une quantité de sucre produite au Gabon, une quantité nettement supérieure arrive de l’extérieur.

Cette situation pose une question centrale : comment développer une véritable industrie sucrière nationale si le marché reste fortement dépendant des importations ?
Pour les défenseurs de la production locale, l’enjeu dépasse la seule question de la rentabilité d’une entreprise. Il concerne également la préservation des emplois, la valorisation des investissements et la capacité du Gabon à réduire sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.

Pouvoir d’achat : l’autre équation

Mais protéger la production nationale n’est pas sans risque. Toute mesure susceptible de réduire les importations doit également tenir compte du prix du sucre payé par les ménages.
Le gouvernement se retrouve donc face à une équation particulièrement délicate : soutenir SUCAGABON et la production nationale sans provoquer une hausse excessive des prix, tout en garantissant un approvisionnement régulier du marché.

Le gouvernement face à un choix stratégique

Derrière le débat sur le sucre se joue ainsi une question plus large : quelle place le Gabon veut-il accorder à sa production locale ?
Le maintien d’un niveau élevé d’importations peut contribuer à alimenter rapidement le marché et à contenir la pression sur les prix. Mais à long terme, une telle situation pourrait fragiliser davantage la production nationale et les investissements réalisés dans la filière.

À l’inverse, une politique de protection plus affirmée pourrait donner un nouvel élan à la production gabonaise, mais nécessiterait de trouver des mécanismes permettant de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs.

Entre souveraineté alimentaire, emplois, compétitivité industrielle et pouvoir d’achat, le dossier du sucre place désormais le gouvernement devant un arbitrage majeur. Pour SUCAGABON, l’urgence est claire : protéger la filière avant que le sucre importé ne finisse par prendre durablement le dessus sur la production gabonaise.

Jovalie PENDI ONDO

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