Sommé de libérer son appartement de fonction, Alfred Nguia Banda, Ambassadeur du Gabon en France se retrouve au cœur d’un embarrassant bras de fer judiciaire avec une filiale de Gecina. Une affaire qui dépasse désormais le simple contentieux immobilier.

Embarras sur le front diplomatique gabonais à Paris. Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné, le 26 août dernier, l’évacuation de l’appartement de fonction occupé par Alfred Nguia Banda, ambassadeur et représentant du Gabon auprès de l’Unesco et de l’Organisation internationale de la Francophonie.
À l’origine de cette décision : un différend financier opposant le diplomate à Homya, filiale du groupe immobilier Gecina, autour du paiement du loyer de ce logement.
Une affaire de loyer devenue affaire d’image
Sur le papier, il s’agit d’un litige locatif. Dans les faits, le dossier prend une tout autre dimension.
Car l’occupant des lieux n’est pas un particulier : c’est un représentant officiel du Gabon auprès de deux organisations internationales majeures. Et lorsque la justice française ordonne la libération de son
logement de fonction, l’affaire prend inévitablement une coloration diplomatique.
La décision du tribunal place ainsi la représentation gabonaise face à une situation particulièrement inconfortable : un logement destiné à un haut responsable diplomatique se retrouve au centre d’une procédure judiciaire pour des questions financières.
Qui doit payer ?
C’est l’une des questions centrales soulevées par ce dossier.
Les obligations financières liées à un logement de fonction diplomatique peuvent impliquer plusieurs niveaux de responsabilité. Dans ce cas précis, la procédure oppose Homya et Alfred Nguia Banda. Reste à déterminer clairement qui supporte la charge financière du logement et pourquoi le différend n’a pas pu être réglé avant d’aboutir devant les tribunaux.
La justice, elle, a désormais rendu sa décision sur l’évacuation des lieux.
Un sérieux coup porté à la crédibilité de la représentation gabonaise
Au-delà du contentieux financier, l’affaire est embarrassante pour l’image du Gabon.
À Paris, capitale diplomatique et siège de nombreuses institutions internationales, la représentation d’un État se joue aussi dans les symboles. Et celui d’un ambassadeur contraint de quitter son appartement de fonction sur fond de loyers impayés est particulièrement mauvais.
L’affaire pose donc une question qui dépasse largement les murs de l’appartement : comment sont gérés les logements de fonction et les engagements financiers des représentants de l’État gabonais à l’étranger ?
Le malaise est désormais public
Ce qui devait relever de la gestion interne d’un logement de fonction s’est transformé en décision de justice, avec à la clé une mesure d’évacuation.
Pour Alfred Nguia Banda, l’épisode est embarrassant. Pour la représentation diplomatique gabonaise, il l’est davantage encore.
Une affaire de loyer ? Oui. Mais désormais, c’est aussi une affaire d’image.
Et à Paris, où chaque détail compte dans le ballet diplomatique, la facture pourrait être beaucoup plus lourde que le seul montant des loyers.
Jovalie PENDI ONDO
Suivez-nous sur facebook
Retrouvez tous nos articles ici



