30 août 2026 à Makokou : cinq jours, 17 chantiers, une province, le bilan d’une fête hors du commun

Marie Celine AKANDA

La troisième édition de la Fête de la Libération, qui s’est tenue du 27 au 30 août 2026 à Makokou, capitale de la province de l’Ogooué-Ivindo, a tenu ses promesses sur le plan de l’événementiel et des inauguration. Mais elle a aussi posé avec force la question que tout le monde pose maintenant : que reste-t-il réellement à Makokou, une fois les délégations reparties ?

Cinq jours denses, une province au centre du pays

Le programme présidentiel dans l’Ogooué-Ivindo a démarré le jeudi 27 août, par la route, avec un arrêt symbolique au pont Limbomba, lieu de mémoire lié à la révolte des femmes de 2023 qui a précédé le changement de régime du 30 août. Un itinéraire délibérément choisi pour ancrer la commémoration dans le récit fondateur de la Transition, avant l’arrivée à Makokou vers 16 heures.

Le lendemain vendredi 28 août, le président Oligui Nguema s’est rendu à Booué pour l’inauguration du commissariat de la ville, avant Ovan et sa nouvelle mairie, puis Mekambo, où ont été mis en service la mairie, une salle polyvalente et le marché municipal. La journée du samedi 29 août a constitué le véritable marathon des inaugurations à Makokou : le bâtiment administratif, l’agence de la BCEG, l’hôtel Ivindo Palace, le marché de la ville, le lycée Maïga et des logements destinés aux cadres et fils de la province ont été officiellement lancés, avant la pose de la première pierre du bâtiment administratif de la direction d’Ivindo Iron, l’opérateur du gisement de fer de Belinga.

Le 30 août, point culminant institutionnel et populaire

Le dimanche 30 août, jour anniversaire, la cérémonie officielle a débuté à 9 heures avec la revue des troupes, les honneurs au drapeau, les décorations militaires, puis le grand défilé militaire et civil. L’après-midi a été consacré à la finale de la Coupe de la Libération et à la remise du trophée du Cross de la Libération, avant un concert populaire offert par le chef de l’État et un dîner de gala à l’hôtel Bélinga. En parallèle, un forum économique de l’Ogooué-Ivindo, une caravane médicale proposant des soins gratuits aux populations, une campagne de digitalisation des permis de séjour et de passeports, ainsi qu’une distribution de kits scolaires ont complété un programme volontairement ancré dans les besoins concrets des populations.

La vraie question : que reste-t-il après la fête ?

Derrière les chiffres il y’a 17 projets engagés dans la province, une avalanche de coupures de ruban, des milliers de Gabonais mobilisés mais la question de fond reste entière. Un commissariat suppose des policiers et des moyens de fonctionnement. Un marché doit accueillir durablement des commerçants. Un lycée nécessite enseignants, personnels, équipements et budget. Ces infrastructures livrées dans un élan festif devront prouver leur utilité quotidienne dans les semaines et les mois qui viennent. C’est à ce niveau que se jouera le véritable bilan de Makokou 2026 : non pas le soir du 30 août, mais six mois plus tard, quand on saura combien de ces équipements fonctionnent pleinement, au service des populations de l’Ogooué-Ivindo.

Marie Celine AKANDA

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