Les 2 et 3 septembre 2026 à Libreville, la Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon (CDC) organise la première édition du Forum national de l’épargne pour le développement (FONED), un rendez-vous stratégique pour répondre à une question centrale : comment transformer l’épargne des Gabonais en véritable moteur de développement national ?
Un forum pour changer de logiciel financier
Prévu au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, le FONED s’articulera autour du thème « Épargne et souveraineté financière : la Caisse des dépôts, instrument du financement endogène du PNCD 2026-2030 ». Un intitulé qui résume à lui seul l’ambition de l’événement : faire de la CDC, et plus largement de l’épargne nationale, un pilier du financement du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030 plutôt que de dépendre exclusivement de la dette extérieure ou des investisseurs internationaux.
Une institution qui monte en puissance
Créée en 2010, la CDC s’est imposée comme le tiers de confiance de l’État gabonais, transformant la gestion sécurisée des dépôts et consignations en pilier stratégique de la croissance nationale. L’institution a récemment inauguré son nouveau siège à Libreville, baptisé Casimir Oye Mba, en présence du vice-président de la République Alexandre Barro Chambrier un symbole de l’ambition affichée par la CDC de peser davantage dans l’architecture financière du pays.

Un enjeu régional, pas seulement gabonais
La question de la mobilisation de l’épargne nationale dépasse les frontières du Gabon. Lors du Forum international des Caisses de Dépôts, tenu à Nouakchott en décembre 2025, la directrice générale adjointe de la CDC Gabon, Angélique Nzang Nzoghe, pointait des défis structurels communs à plusieurs pays africains : une épargne informelle largement logée dans les tontines, des transferts échappant à toute réglementation, et surtout un déficit de confiance envers les institutions financières plus que d’une réelle absence de culture de l’épargne.
Le vrai défi : convaincre plutôt que contraindre
C’est précisément ce nœud que le FONED devra s’efforcer de dénouer : convaincre les Gabonais que confier leur épargne à des instruments formels, plutôt qu’à des circuits informels, peut réellement financer des routes, des logements, des hôpitaux ou des écoles dans leur propre pays. Un pari ambitieux dans un contexte où le patronat lui-même réclame, depuis le Gabon Economic Forum de juin 2026, une mobilisation élargie des sources de financement nationales, internationales et diaspora confondues pour combler les 18 000 milliards de FCFA d’investissements privés attendus par le PNCD 2026-2030.
Marie Celine AKANDA
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