Protection des végétaux : à Libreville, l’Afrique veut harmoniser ses normes phytosanitaires.

Lauraine

Réunis à Libreville, les représentants de plus de 40 pays africains planchent sur l’harmonisation des normes phytosanitaires afin de renforcer la sécurité alimentaire et faciliter les échanges agricoles dans le cadre de la Zlecaf.

normes phytosanitaires

Le Gabon accueille cette semaine à Libreville l’atelier régional Afrique de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV). Pendant plusieurs jours, des représentants de plus de quarante pays africains, aux côtés d’experts de la FAO, de la CIPV et du Conseil phytosanitaire interafricain de l’Union africaine (CPI-UA), réfléchissent aux moyens de renforcer la gouvernance phytosanitaire sur le continent.

Au cœur des échanges figurent les projets de Normes internationales pour les mesures phytosanitaires (NIMP). L’objectif est de permettre aux États africains d’adopter une position commune afin de peser davantage dans les négociations internationales et de défendre les intérêts du continent dans l’élaboration des futures règles sanitaires applicables au commerce des végétaux.

Les participants examinent également les mécanismes de renforcement des Organisations nationales de protection des végétaux (ONPV). Les discussions portent notamment sur le déploiement d’outils numériques tels qu’ePhyto, PRA ou encore ECP, conçus pour sécuriser les certificats phytosanitaires, limiter les risques de fraude documentaire et accélérer les procédures liées aux échanges commerciaux.

Les enjeux dépassent largement le cadre technique. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), près de 40 % des productions agricoles mondiales disparaissent chaque année sous l’effet des ravageurs et des maladies des plantes. Une situation qui fragilise la sécurité alimentaire, réduit les revenus des producteurs et menace les écosystèmes.

Cette harmonisation des normes représente également un levier économique pour le continent. Dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), des règles phytosanitaires communes doivent contribuer à faciliter les échanges agricoles entre pays africains, tout en réduisant les barrières techniques susceptibles de freiner les exportations.

À l’issue de la rencontre, les experts devraient adopter une série de recommandations techniques sur les futures Normes internationales pour les mesures phytosanitaires et proposer des actions destinées à renforcer la coordination entre les ONPV africaines. L’atelier met aussi l’accent sur une appropriation plus large des solutions numériques développées par la CIPV, notamment ePhyto, afin de rendre les échanges commerciaux plus sûrs, plus rapides et plus transparents.

En accueillant cette rencontre régionale, le Gabon confirme sa volonté de jouer un rôle moteur dans la gouvernance phytosanitaire africaine. Au-delà des travaux techniques, Libreville entend contribuer à faire émerger une position africaine unifiée sur les questions sanitaires, à l’heure où le commerce agricole intra-africain est appelé à prendre une place croissante dans le développement économique du continent.

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Reve NGOUL-ALY

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