Tourisme et artisanat : le Gabon peut-il enfin transformer son potentiel en moteur de croissance ?

REBECCA FUNDI

Le Gabon veut faire du tourisme durable et de l’artisanat deux leviers majeurs de sa diversification économique. C’est dans cette perspective que le ministère du Tourisme durable et de l’Artisanat a lancé, le 5 août 2026 à Lambaréné, un atelier consacré à l’élaboration de la Stratégie nationale de développement du tourisme durable et de dynamisation de l’artisanat. Pendant neuf jours, experts et administrations travailleront à définir une feuille de route. Au-delà des travaux techniques, une question demeure : comment transformer un potentiel reconnu en véritable richesse économique ?

Lambaréné, point de départ d’une nouvelle ambition

Réunis à Lambaréné, les acteurs du secteur ont officiellement lancé les travaux d’élaboration d’une stratégie nationale destinée à repenser le développement du tourisme durable et à renforcer la place de l’artisanat dans l’économie nationale. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, Pr Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, en présence du gouverneur de la province du Moyen-Ogooué, Jean-Benoît Békalé. Pendant neuf jours, les participants devront identifier les priorités, définir les mécanismes de mise en œuvre et proposer des actions capables de donner un nouvel élan à ces deux secteurs.

Un potentiel largement sous-exploité

Le Gabon dispose d’atouts exceptionnels. Avec près de 90 % de son territoire couvert de forêts, treize parcs nationaux, une biodiversité parmi les plus riches d’Afrique et un patrimoine culturel diversifié, le pays possède les ingrédients nécessaires pour devenir une destination majeure de l’écotourisme. À cela s’ajoute un artisanat riche, reflet des savoir-faire traditionnels des différentes communautés gabonaises, qui constitue un véritable patrimoine économique et culturel. Pourtant, malgré ces atouts, la contribution du tourisme à l’économie nationale demeure encore modeste comparée au potentiel du pays. 

Diversifier une économie encore dépendante des ressources naturelles

L’atelier de Lambaréné s’inscrit dans une stratégie plus large portée par les autorités gabonaises : réduire progressivement la dépendance aux revenus des matières premières en développant de nouveaux secteurs créateurs de valeur. Le tourisme durable et l’artisanat présentent plusieurs avantages. Ils favorisent la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, stimulent les économies locales et contribuent à préserver le patrimoine naturel et culturel. Ils peuvent également renforcer l’attractivité internationale du Gabon en valorisant une image fondée sur la biodiversité, la culture et le développement durable.

Le défi sera celui de la mise en œuvre

L’élaboration d’une stratégie constitue une étape importante, mais elle ne garantit pas à elle seule les résultats attendus. Le développement du tourisme suppose des investissements dans les infrastructures, les transports, l’hébergement, la formation des professionnels, la sécurité des visiteurs et la promotion de la destination Gabon sur les marchés internationaux. Du côté de l’artisanat, les défis concernent notamment l’accès au financement, la structuration des filières, la formation des artisans, la qualité des produits et leur commercialisation, aussi bien sur le marché national qu’à l’export.

Faire des territoires les premiers bénéficiaires

L’un des principaux enjeux réside dans la capacité à faire du tourisme un levier de développement local. Des villes comme Lambaréné, Loango, Mouila, Makokou ou Franceville disposent chacune d’atouts naturels, historiques ou culturels susceptibles d’attirer davantage de visiteurs. Si les communautés locales sont pleinement associées à cette dynamique, les retombées économiques pourraient contribuer à améliorer les revenus, soutenir les petites entreprises et renforcer l’économie des territoires. 

L’atelier lancé à Lambaréné traduit la volonté du gouvernement de donner une nouvelle impulsion au tourisme durable et à l’artisanat gabonais. L’ambition est claire : faire de ces deux secteurs des piliers de la diversification économique voulue par les autorités. Mais le véritable défi commencera après ces neuf jours de réflexion. Les Gabonais jugeront cette stratégie non pas à la qualité des documents produits, mais à ses effets concrets : davantage de touristes, des artisans mieux accompagnés, des emplois créés et des territoires durablement valorisés. Le Gabon ne manque pas de richesses naturelles ni de savoir-faire. La véritable question est désormais de savoir comment transformer ce potentiel en une croissance durable, inclusive et bénéfique pour l’ensemble du pays.

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Rebecca FUNDI 

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