Les ressortissants gabonais souhaitant se rendre aux États-Unis font face à une double contrainte inédite depuis ce mois d’août 2026 : une caution financière désormais permanente pouvant atteindre 11,366 millions de FCFA, et l’obligation de déposer leurs demandes de visa non plus à Libreville, mais à Yaoundé, au Cameroun.
Une caution rendue permanente depuis le 3 août 2026
Depuis le 3 août 2026, le département d’État américain a rendu permanent un programme qui va faire grincer des dents dans une trentaine de pays africains. Les demandeurs de visas de non-immigrant originaires de 50 pays devront désormais verser une caution pouvant grimper jusqu’à 11,366 millions de FCFA. Le plafond de la caution passe de 15 000 à 20 000 dollars. Le montant exact sera fixé au cas par cas par les autorités consulaires américaines.
Le Gabon figure sur cette liste rouge en raison d’un taux de dépassement de la durée de séjour autorisée excédant les 10 %. Pour Washington, l’enjeu est avant tout budgétaire et sécuritaire, le coût d’une expulsion étant estimé par l’administration américaine à plus de 10,2 millions de FCFA par personne.
Les demandes désormais transférées à Yaoundé
À partir du 1er août 2026, toute demande de visa américain classique ne se traitera plus à Libreville, mais à Yaoundé, au Cameroun. Le département d’État américain a annoncé cette réorganisation dans le cadre d’une restructuration plus large du réseau consulaire sur le continent, fondée sur la création d’une vingtaine de pôles régionaux de traitement des visas à travers l’Afrique subsaharienne.
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie régionale de rationalisation des moyens diplomatiques. Les services consulaires chargés des visas de routine pour les ressortissants et résidents gabonais ne seront plus assurés par l’ambassade des États-Unis à Libreville, mais par la Représentation des États-Unis à Yaoundé.

Une double contrainte qui complique considérablement les projets de voyage
Ce double coup dur et une caution record et déplacement obligatoire au Cameroun pour déposer son dossier ça transforme concrètement le projet de voyage aux États-Unis en parcours du combattant pour de nombreux Gabonais. Entre le coût du billet Libreville-Yaoundé, les frais d’hébergement sur place, les frais consulaires habituels et la caution pouvant atteindre plus de onze millions de FCFA, le rêve américain devient, pour beaucoup, financièrement inaccessible.
Une politique migratoire américaine de plus en plus restrictive
Ces mesures s’inscrivent dans un durcissement assumé de la politique migratoire de l’administration Trump, qui cherche à limiter les dépassements de durée de séjour et à transférer le risque financier directement sur le voyageur. Pour les pays africains concernés, le message est clair : Washington entend dissuader, autant que sélectionner.
Marie Celine AKANDA
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