Depuis janvier 2026, au moins 17 migrants éthiopiens ont été exécutés en Arabie saoudite pour de simples infractions liées à la drogue sans caractère mortel, sans avocat ni interprète et 79 autres attendent aujourd’hui le même sort, selon Human Rights Watch.
Une nouvelle vague d’exécutions le 27 juillet
Le 27 juillet 2026, les autorités saoudiennes ont exécuté cinq migrants éthiopiens supplémentaires, condamnés pour des infractions liées au trafic de drogue, sans qu’aucun décès n’ait résulté de leurs actes. Human Rights Watch dénonce des procès expéditifs, parfois bouclés en quelques minutes, sans assistance d’un avocat ni d’un interprète pour des accusés qui, souvent, ne maîtrisent même pas la langue de leur propre procès.
Une mécanique qui s’accélère depuis le début de l’année
Cette exécution du 27 juillet n’est pas un cas isolé : elle porte à au moins 17 le nombre de migrants éthiopiens exécutés depuis janvier 2026 pour des infractions non-létales liées aux stupéfiants. Une précédente vague avait déjà eu lieu le 23 juin (cinq exécutions pour trafic de haschisch), après une autre le 21 avril (trois exécutions). Selon l’Organisation européenne saoudienne pour les droits humains, l’Arabie saoudite a exécuté au moins 116 personnes au total depuis le début de l’année, à la date du 27 juillet, et ça sur une tendance déjà record : 345 exécutions en 2024, 356 en 2025, avec les infractions liées à la drogue comme principal moteur de cette hausse (près de 7 exécutions sur 10 en 2025).
Le cas bouleversant du khat
Parmi les affaires documentées par Human Rights Watch, un cas résume à lui seul l’absurdité du système : un homme a été contraint par un passeur de transporter du qat (khat), une plante stimulante douce, traditionnelle et légale en Éthiopie, du Yémen vers l’Arabie saoudite, en échange d’une aide pour faciliter son voyage. Il ignorait totalement que ce transport était illégal sur le sol saoudien. Il a payé cette ignorance de sa vie.

Des appels restés sans réponse concrète
Face à cette situation, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a condamné cette pratique, jugeant que la peine de mort pour des infractions liées à la drogue est incompatible avec le droit international et ne relève pas de la catégorie des « crimes les plus graves » qui la justifieraient. Il a exhorté Riyad à rétablir un moratoire sur les exécutions. Le patriarche de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo a lui aussi appelé, dès le 12 mai, à la suspension de ces exécutions.
De son côté, le ministère éthiopien des Affaires étrangères affirme poursuivre ses échanges avec Riyad sur les procédures judiciaires visant ses ressortissants mais sans jamais préciser si ces discussions portent concrètement sur les personnes actuellement condamnées à mort.
Une tragédie qui touche une diaspora entière
Des centaines de milliers d’Éthiopiens vivent et travaillent aujourd’hui en Arabie saoudite. Si beaucoup ont émigré pour des raisons économiques, un grand nombre ont fui les violations des droits humains et le conflit armé qui a ravagé le nord de l’Éthiopie ces dernières années. Pour ces populations déjà vulnérables, la formule employée par une chercheuse de Human Rights Watch résume l’ampleur du drame : un système judiciaire qui semble « considérer leurs vies comme sans valeur ».
Marie Celine AKANDA
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