Le concert de Pierre Claver Akendengué à Omboué, samedi 1er août 2026, restera gravé dans les mémoires : plus de 2 000 spectateurs ont célébré, dans une ferveur populaire rare, le retour aux sources d’un digne fils du pays devenu ambassadeur de la musique gabonaise à travers le monde.
Une soirée d’exception sur les terres de l’enfance
Il aura fallu attendre une carrière entière, jalonnée de scènes internationales et de reconnaissance mondiale, pour que Pierre Claver Akendengué se produise enfin devant les siens, à quelques encablures du village qui l’a vu naître. Organisé par l’association ROMEPA sous le thème évocateur « Retour aux sources originelles », ce concert gratuit au stade municipal d’Omboué n’était pas un simple spectacle : c’était la réparation d’une injustice symbolique, celle d’un artiste connu dans le monde entier mais jamais entendu chez lui.
Pendant près de trois heures, le « Baobab » de la musique gabonaise a offert au public une traversée de son répertoire, mêlant chansons engagées pour la justice, la paix et l’unité africaine à des morceaux profondément enracinés dans les traditions de la lagune Nkomi. Une prestation d’une intensité rare, portée par l’émotion palpable d’un homme retrouvant enfin, sur scène, la terre de son inspiration.
Un plateau à la hauteur de l’événement
Loin d’être un concert solitaire, la soirée a rassemblé plusieurs figures emblématiques de la scène musicale gabonaise venues honorer leur aîné : Prisca Along, Poussy, Claude Damas ou encore Hilarion Nguema ont partagé l’affiche avec celui que beaucoup considèrent comme le monument vivant de la chanson gabonaise. Un symbole fort de transmission entre générations d’artistes, réunis autour d’une même figure tutélaire.
Quand la culture rassemble les autorités et le peuple
L’événement a également témoigné du prestige national de l’artiste : le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, ainsi que plusieurs personnalités politiques et administratives de la province dont Virginie Waura-Eteno, Régis Onanga Ndiaye, Richard Albert Royembo ont ont fait le déplacement, aux côtés des dirigeants de ROMEPA, Richard Auguste Onouviet et Jacqueline Bignoumba. Une présence institutionnelle forte qui confirme la place de Pierre Claver Akendengué comme véritable trésor national, digne fils du pays honoré comme tel.
Dans son allocution d’ouverture, le président de ROMEPA, Michel Essonghé, a résumé l’esprit de cette soirée historique en rappelant que cette initiative visait précisément à corriger une anomalie : celle d’un artiste mondialement reconnu, mais resté trop longtemps absent de la scène de son village natal.
Un hommage doublé d’une action solidaire
Au-delà de la dimension musicale, la cérémonie s’est distinguée par une portée sociale forte, à l’initiative de Romain Kerault, fils de la province et acteur associatif engagé : la mise à disposition d’une ambulance médicalisée est venue renforcer la couverture sanitaire de l’événement, tout en laissant une trace durable pour la population locale d’Omboué et du département d’Etimboué bien après la fin du concert.
Un moment qui restera dans la mémoire collective
Ce 1er août 2026 restera comme l’une des dates marquantes de l’année culturelle gabonaise. Une soirée où la musique, la mémoire et l’identité nationale se sont rencontrées autour d’un homme dont l’œuvre a traversé les frontières sans jamais renier ses racines. Pour Omboué, ce concert restera longtemps un souvenir vivant ; pour le Gabon tout entier, il aura été l’occasion de célébrer, avec fierté, l’un de ses plus grands ambassadeurs culturels.
Marie Celine AKANDA
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