Le projet portant sur sur l’hydroélectricité de Booué franchit une nouvelle étape avec la signature d’un protocole d’engagement entre l’État gabonais, EDF Power Solutions et Gabon Power Company (GPC). Présenté comme l’un des plus grands projets énergétiques du pays, il ambitionne de renforcer durablement la production nationale d’électricité. Mais pour des milliers de Gabonais confrontés aux délestages, une question demeure : quand cette énergie arrivera-t-elle réellement dans les foyers ?
Des milliards investis. Des partenariats prestigieux. Mais des quartiers toujours plongés dans le noir.
Chaque jour, des ménages voient leurs appareils s’éteindre, des commerces perdent des revenus et des élèves révisent à la lumière de leurs téléphones. Pendant que le Gabon annonce un méga-projet hydroélectrique à Booué, les populations, elles, attendent surtout une chose : la fin des coupures d’électricité.
Un projet stratégique pour l’avenir énergétique

Le projet du barrage de Booué a franchi un cap important avec la signature d’un protocole d’engagement entre l’État gabonais, EDF Power Solutions et Gabon Power Company, en présence des présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron. Les partenaires visent la signature d’un accord de développement d’ici au 31 octobre 2026. Implanté sur le fleuve Ogooué, le futur barrage devrait afficher une capacité comprise entre 350 et 400 MW, ce qui en ferait l’une des plus importantes infrastructures énergétiques jamais développées au Gabon. Son coût est estimé à environ 1,17 milliard d’euros (près de 1 000 milliards de FCFA).
Pourquoi Booué est-il si important ?
Depuis plusieurs années, le Gabon fait face à une demande croissante en électricité, tandis que les coupures continuent d’affecter aussi bien les ménages que les entreprises. Selon plusieurs analyses, le pays enregistre encore plus de 200 heures de coupures d’électricité par an, malgré un important potentiel hydroélectrique. Le barrage de Booué doit permettre d’augmenter significativement les capacités de production, de sécuriser l’alimentation électrique et d’accompagner le développement industriel du pays. Les autorités présentent ainsi le projet comme une pièce maîtresse de la transition énergétique nationale.
Les attentes des populations
Pour les Gabonais, toutefois, la réussite du projet ne sera pas mesurée au nombre de mégawatts annoncés ni aux cérémonies de signature. Elle se mesurera à des réalités simples : conserver les aliments au réfrigérateur sans interruption, permettre aux commerces de travailler sans générateur, assurer la continuité des soins dans les centres de santé et offrir aux élèves des conditions normales d’étude. Autrement dit, les citoyens attendent moins des promesses que des résultats visibles dans leur quotidien.
Un projet qui soulève aussi des défis
Au-delà de ses bénéfices attendus, le barrage de Booué pose également des questions de gouvernance, de financement et d’impact environnemental. Plusieurs observateurs rappellent que la réussite d’un tel chantier dépendra autant de sa bonne exécution que de sa capacité à concilier développement économique, protection de l’environnement et prise en compte des populations concernées. Le barrage de Booué pourrait marquer un tournant pour le système électrique gabonais. Mais tant que les travaux ne seront pas achevés et que l’électricité ne parviendra pas effectivement aux foyers, les délestages continueront d’alimenter les frustrations.
Car pour les Gabonais, la véritable réussite de ce projet ne se mesurera pas à la puissance installée, mais à une réalité très concrète : appuyer sur un interrupteur… et voir la lumière s’allumer.
Line MINDZE
SUIVEZ-NOUS SUR FACEBOOK
RETROUVEZ TOUS NOS ARTICLES ICI


