L’accident du taxi-bus survenu au Pont-Nomba, dans la commune d’Owendo, relance une question récurrente au Gabon : l’absence de glissières de sécurité sur des tronçons routiers pourtant identifiés comme dangereux. Ce drame a coûté la vie à une femme et fait plusieurs blessés graves le 17 juillet dernier.
Un accident provoqué par une défaillance mécanique
Le taxi-bus, un Toyota Hiace immatriculé EU-440-AA, roulait à vive allure dans le sens carrefour SNI-IAI lorsque son système de freinage aurait lâché en arrivant à hauteur du Pont-Nomba. Le véhicule a fauché mortellement une femme qui attendait un taxi au bord de la route, avant de percuter un gros caillou et de terminer sa course à la renverse en contrebas de la voie, dans un ravin. L’assistant du conducteur, qui a sauté du véhicule en marche, s’en est tiré avec des blessures graves, tandis qu’une autre passagère souffrant d’un traumatisme crânien a nécessité une prise en charge d’urgence. Toutes les victimes ont été évacuées vers le Centre hospitalier universitaire d’Owendo.

Le problème structurel des glissières de sécurité absentes
Au-delà des circonstances immédiates de l’accident, ce type de sortie de route illustre un problème récurrent sur le réseau routier gabonais : le manque de glissières de sécurité sur les tronçons à risque, notamment à proximité des ponts, ravins et dénivelés. Ces dispositifs, censés amortir les chocs et empêcher les véhicules de basculer hors de la chaussée en cas de perte de contrôle, restent largement absents de nombreux axes urbains et périurbains du pays. Sans cet équipement, un simple problème mécanique ou un excès de vitesse peut transformer un accident habituellement gérable en tragédie mortelle.
Une Direction générale de la sécurité routière sous-équipée
Ce déficit d’infrastructures de sécurité rejoint un constat plus large : la Direction générale de la sécurité routière (DGSR) elle-même reconnaît manquer de moyens humains et matériels pour répondre pleinement aux enjeux de sécurité sur les routes du pays. Au-delà des radars et des campagnes de sensibilisation, les acteurs du secteur appellent régulièrement l’État à renforcer les équipements de protection sur les zones accidentogènes identifiées, comme les ponts et les points de dénivelé prononcé.
Un enjeu de prévention plus que de fatalité
Ce nouvel accident rappelle que si les défaillances mécaniques ou les excès de vitesse restent des causes immédiates fréquentes, l’absence d’aménagements de sécurité adaptés transforme trop souvent des incidents évitables en drames irréversibles. Renforcer la pose de glissières de sécurité sur les points sensibles du réseau routier gabonais, en particulier à proximité des ravins et des ponts, pourrait constituer une mesure de prévention à moindre coût face à la répétition de ce type de tragédies.
Marie Celine AKANDA
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