L’accès aux soins demeure un défi dans plusieurs localités de la province de l’Ogooué-Lolo. À l’issue d’une tournée d’inspection effectuée du 24 au 27 octobre 2026, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a relevé plusieurs insuffisances dans le fonctionnement des structures sanitaires. Manque de personnel, difficultés d’approvisionnement en médicaments, infrastructures vieillissantes et équipements à renforcer : autant de contraintes qui compliquent la prise en charge des populations.

Des structures sanitaires confrontées à plusieurs difficultés
À Dienga, dans le département de la Lombo-Bouenguidi, le centre de santé ne dispose que d’un seul infirmier affecté par le ministère de la Santé. Celui-ci est appuyé par deux bénévoles recrutées localement. À cette insuffisance de personnel s’ajoute l’exiguïté des locaux, dont l’état ne permet plus d’assurer une prise en charge adaptée aux besoins des populations. Les travaux de construction d’un nouveau centre de santé, lancés en 2008, restent par ailleurs inachevés. À Matsatsa, des difficultés similaires ont été relevées, notamment en matière de personnel, d’espace et d’approvisionnement en médicaments. À Lastourville, le centre médical dispose pourtant d’un effectif correspondant aux standards de sa catégorie. Cependant, sa fréquentation demeure faible, les patients privilégiant le Centre hospitalier régional Paul-Moukambi pour leurs soins. Les insuffisances du plateau technique et des moyens de fonctionnement figurent parmi les éléments susceptibles d’expliquer cette situation. La situation est toutefois différente à Pana, où le centre médical présente un bilan globalement satisfaisant en matière de personnel. Il dispose notamment de deux médecins et de deux sages-femmes. Néanmoins, les difficultés d’approvisionnement en médicaments et le mauvais état du réseau routier, particulièrement pendant la saison des pluies, continuent de compliquer son fonctionnement et les évacuations sanitaires.
En parallèle de ces difficultés structurelles, des initiatives sont engagées pour améliorer l’accès aux soins spécialisés. Du 19 au 31 octobre 2026, le Centre hospitalier régional Paul-Moukambi de Koulamoutou a accueilli une campagne de consultations gratuites en cardiologie, en oto-rhino-laryngologie (ORL) et en dermatologie. Cette opération permet aux habitants de Koulamoutou et des localités environnantes de bénéficier de consultations spécialisées sans devoir systématiquement se rendre à Libreville. Elle s’inscrit dans une démarche visant à rapprocher les services médicaux des populations, particulièrement celles vivant dans les zones éloignées des grands centres hospitaliers.
La tournée ministérielle a également permis d’identifier des besoins concernant la réhabilitation des infrastructures, le renforcement des équipements biomédicaux et l’amélioration de la disponibilité des médicaments essentiels. À Dienga, la ministre a notamment évoqué la possibilité d’inscrire la reprise des travaux du nouveau centre de santé dans les prochains budgets de l’État. À l’échelle provinciale, le nouveau directeur régional de la Santé, Thierry Bayito Mokoko, a indiqué que l’Ogooué-Lolo compte 72 dispensaires, dont seulement 27 sont fonctionnels. La province dispose également de quatre centres médicaux et de cinq centres de santé, dont quatre opérationnels. Ces constats mettent en évidence l’importance du renforcement des structures sanitaires de proximité. Au-delà des campagnes médicales ponctuelles, l’amélioration durable de l’offre de soins dépendra notamment de la disponibilité du personnel, des médicaments, des équipements et d’infrastructures adaptées aux besoins des populations.
Kendra Charlène NDAVOURA
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