Après avoir conquis les taxis de la capitale, Madigipaie le paiement par QR Code s’apprête à s’installer dans les échoppes et marchés de Libreville. Une étape clé pour transformer une ambition gouvernementale en habitude du quotidien.

Du bureau ministériel au comptoir du commerçant
Lancé en grande pompe en décembre 2025, le programme Madigipaie n’était jusque-là qu’une promesse technologique portée depuis les sommets de l’État. Le rendez-vous du 3 juillet dernier entre le maire de Libreville, Eugène Mba, et le ministre de l‘Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, change la donne : cette fois, c’est le terrain qui est visé, avec l’ambition de faire entrer les petits commerçants de la capitale dans l’écosystème du paiement sans espèces.
Un objectif ambitieux : 60% des transactions du quotidien
Le chiffre donne le vertige : les autorités visent à terme plus de la moitié des transactions de proximité réalisées via QR Code en zone urbaine. Concrètement, cela signifie qu’acheter son pain, régler un taxi ou payer une facture administrative pourrait, demain, se faire d’un simple scan, quel que soit l’opérateur mobile money ou la banque utilisés.
Le pari déjà engagé dans les taxis

Ce n’est pas la première incursion de Madigipaie dans le quotidien des Librevillois. Dès février 2026, le dispositif avait été testé grandeur nature au sein de TaxiGab, secteur choisi pour sa masse de micro-transactions journalières. Les enseignements tirés de cette phase pilote formation des chauffeurs, sensibilisation, installation progressive des QR Codes — servent aujourd’hui de modèle pour l’extension vers les marchés et commerces de la capitale.
Deux systèmes, un même cap
Le maire de Libreville a tenu à clarifier un point important : la plateforme municipale de digitalisation des recettes, développée avec le Trésor public, continue de fonctionner indépendamment de Madigipaie. Les deux dispositifs sont complémentaires — l’un sécurise les recettes de la mairie, l’autre facilite les paiements entre commerçants et consommateurs.
Le vrai défi : convaincre le secteur informel
Au-delà de la technologie, l’enjeu est humain. Faire adopter un outil numérique à des milliers de petits commerçants habitués aux espèces demande du temps, de la pédagogie et une présence de proximité. C’est précisément le rôle que la mairie s’apprête à jouer aux côtés du ministère, à travers des campagnes de sensibilisation et d’identification des commerçants.
Marie Celine AKANDA
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