Une marche de plus de 400 kilomètres vers Libreville a été entamée par les membres de l’Association des Femmes Braves de la Ngounié, déterminées à porter jusqu’aux plus hautes autorités de l’État les préoccupations des populations de Mouila. Leur objectif est clair : rencontrer le président de la République, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, pour lui exposer de vive voix les difficultés qui freinent le développement de leur commune.
Des revendications précises pour le développement de Mouila
Parmi les principales doléances portées par ces femmes, selon nos confrères de ‘G4NEWS’ figurent l’absence d’un marché moderne à Mouila, chef-lieu de la province de la Ngounié, ainsi que le manque d’une base de sapeurs-pompiers pourtant essentielle à la sécurité des populations. S’y ajoutent l’insuffisance d’écoles de proximité, qui contraint de nombreux enfants à parcourir de longues distances pour se rendre en cours, et un déficit plus large en infrastructures de base jugées indispensables au développement de la localité. Autant de manques structurels que ces commerçantes, en grande partie issues du tissu économique local, ont décidé de porter elles-mêmes jusqu’à Libreville plutôt que d’attendre une réponse par les canaux administratifs classiques.
Une démarche qui s’inscrit dans une tradition de marches citoyennes
Cette initiative n’est pas la première du genre dans la province. Elle rappelle la mobilisation menée durant la période de Transition par un groupe de jeunes hommes de la Ngounié, qui avait eux aussi rallié Libreville à pied pour témoigner leur soutien au chef de l’État et relayer les attentes de leur région. Aujourd’hui, c’est un collectif de femmes qui reprend ce même mode d’action, mais dans un registre différent : il ne s’agit plus seulement d’un geste de soutien, mais d’une démarche revendicative portée par celles qui vivent au quotidien les manques constatés sur le terrain.
Un défi physique au service d’une cause collective
Parcourir plus de 400 kilomètres à pied représente un effort physique considérable, en particulier pour des femmes actives, souvent commerçantes, qui laissent derrière elles leurs activités habituelles le temps de cette mobilisation. Ce choix n’est pas anodin : il traduit une volonté de faire entendre la voix de leur communauté par un acte fort et visible, plutôt que par une simple pétition ou une délégation restreinte. La marche devient ainsi un symbole de détermination collective, porté par des femmes qui entendent obtenir des réponses concrètes plutôt que des promesses.
Quelle suite pour cette mobilisation ?
Reste à savoir comment les autorités gabonaises accueilleront cette démarche une fois les marcheuses arrivées à Libreville, et si une audience sera effectivement accordée par le président Oligui Nguema. L’issue de cette mobilisation sera scrutée avec attention par les populations de Mouila, mais aussi par d’autres localités de l’arrière-pays confrontées à des problématiques similaires de sous-équipement en infrastructures essentielles. Cette marche des Femmes Braves de la Ngounié pourrait ainsi devenir un nouveau symbole de l’expression citoyenne directe, dans un pays où le dialogue entre les provinces reculées et le pouvoir central reste un enjeu de gouvernance majeur.
Marie Celine AKANDA
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