À Libreville, le lac de Nzeng-Ayong porte encore les traces d’une ancienne activité industrielle. Issu d’une carrière d’extraction de clinker aujourd’hui abandonnée, le site s’est transformé en une étendue d’eau qui suscite désormais des inquiétudes chez les populations installées à proximité. Entre accidents et dégradation de l’environnement, cet ancien espace industriel reste difficile à maîtriser.

Un ancien site industriel devenu dangereux
À l’origine destiné à l’extraction de clinker, le site s’est progressivement rempli d’eau après l’arrêt des activités, formant un lac artificiel. Avec le développement urbain, cette ancienne carrière s’est retrouvée au cœur d’un environnement fréquenté par les populations, alors même qu’aucun aménagement adapté ne semble permettre d’en sécuriser pleinement les abords. Ainsi, le risque de noyade constitue l’une des principales préoccupations. Des accidents ont déjà été associés à ce plan d’eau, notamment en raison de sa profondeur et de l’absence de dispositifs de protection suffisants. L’accessibilité du site, particulièrement pour les jeunes, renforce également les inquiétudes autour de sa fréquentation.
À ce danger s’ajoute un autre problème : l’accumulation de déchets aux abords du lac. Des dépôts sauvages contribuent progressivement à la dégradation du site et du cadre de vie des riverains. En effet, cette situation peut favoriser les mauvaises odeurs, attirer certains nuisibles et accentuer la pollution de l’environnement. Au-delà de l’aspect esthétique, la gestion insuffisante des déchets autour de cette étendue d’eau constitue donc un véritable enjeu environnemental et sanitaire. Par ailleurs, l’absence d’un entretien régulier pourrait favoriser la poursuite de la dégradation du site. Sans intervention durable, l’ancien espace industriel risque ainsi de rester un point de vulnérabilité pour les quartiers environnants.
Face à ces différents enjeux, la sécurisation du lac de Nzeng-Ayong apparaît comme une priorité. Une signalisation visible, la limitation de l’accès aux zones dangereuses et une surveillance adaptée pourraient contribuer à réduire les risques d’accident. Dans le même temps, une opération de nettoyage et de gestion des déchets permettrait d’améliorer les conditions environnementales autour du lac. À plus long terme, une réflexion sur la réhabilitation de cette ancienne carrière pourrait permettre de mieux intégrer le site au tissu urbain.
La rédaction de M Plus Africa estime que Le lac de Nzeng-Ayong illustre les conséquences que peuvent laisser certaines anciennes activités industrielles lorsqu’elles ne sont pas accompagnées d’une véritable réhabilitation. Entre noyades, pollution et dégradation du cadre de vie, la maîtrise durable du site apparaît désormais comme un enjeu pour la sécurité et l’environnement des populations riveraines.
Kendra Charlène NDAVOURA


