Kenya–France : le nouveau partenariat qui pourrait rebattre les cartes économiques en Afrique

ONASIA MABITI

En choisissant le Kenya pour accueillir le sommet “Africa Forward”, Emmanuel Macron envoie un signal politique et économique fort : la France veut désormais redéfinir sa relation avec l’Afrique au-delà de son ancien espace d’influence francophone. Derrière les déclarations sur la fin du “pré carré” français, Paris cherche surtout à repositionner son modèle économique et diplomatique sur un continent où la concurrence internationale s’intensifie. Entre perte d’influence au Sahel, offensive économique chinoise et montée des puissances africaines anglophones, cette nouvelle orientation marque un tournant stratégique majeur pour la France en Afrique.

FRANCE

Emmanuel Macron au Kenya : la fin du “pré carré” français en Afrique francophone

En visite officielle à Nairobi, le président français Emmanuel Macron a affirmé que l’époque du “pré carré” français en Afrique francophone appartenait désormais au passé. Une déclaration hautement symbolique prononcée lors du lancement du sommet “Africa Forward”, organisé pour la première fois dans un pays anglophone.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron tente de transformer les relations franco-africaines. En choisissant le Kenya comme partenaire stratégique, Paris cherche à démontrer qu’elle ne veut plus limiter son influence au cercle historique des anciennes colonies francophones. Cette évolution intervient dans un contexte particulièrement délicat pour la diplomatie française en Afrique. Les ruptures avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont profondément affaibli la présence militaire et politique française dans le Sahel.

Sommet Africa Forward au Kenya : une offensive économique française en Afrique

Le sommet “Africa Forward” se distingue par son orientation essentiellement économique. Contrairement aux précédents sommets franco-africains dominés par les enjeux sécuritaires et politiques, cette édition met l’accent sur :

  • les investissements privés ;
  • les dans
  • l’énergie ;
  • les transports ;
  • la finance internationale ;
  • l’innovation et le numérique.

Plusieurs grands patrons français participent au sommet, notamment :

  • Rodolph
  • Patrick
  • Sébastien Bazin, PDG d’Accor ;
  • Antoine de Saint-Affrique, PDG de Danone.

Un partenariat stratégique de 700 millions d’euros a déjà été signé entre le gouvernement kényan et CMA CGM pour développer les infrastructures logistiques et de transport du pays.

FRANCE

Kenya

Le choix du Kenya n’est pas anodin. Nairobi s’impose aujourd’hui comme l’une des capitales économiques les plus influentes d’Afrique de l’Est avec :

-une stabilité politique relative
-une croissance économique dynamique
-une ouverture forte aux investissements étrangers
-une position géographique stratégique sur l’océan Indien

Mais derrière cette coopération, une réalité plus profonde se dessine : la France tente de rattraper son retard face à la Chine, aux États-Unis, à la Turquie ou encore aux pays du Golfe, déjà très actifs dans la région.

Crise au Sahel : la France cherche un nouveau modèle d’influence en Afrique

L’analyse dominante présente souvent ce sommet comme une simple diversification diplomatique. Pourtant, il s’agit surtout d’une opération de repositionnement géopolitique. La France ne quitte pas réellement l’Afrique ; elle change de méthode. Pendant plusieurs décennies, l’influence française reposait largement sur :

-les liens historiques postcoloniaux
-les réseaux politiques francophones
-l’aide publique au développement

Aujourd’hui, ce modèle montre ses limites. Le rejet croissant de la présence française dans certaines régions africaines a obligé Paris à revoir sa stratégie. Le nouveau modèle français repose désormais davantage sur :

-les investissements privés
-les partenariats économiques
-le climat
-la culture
-le numérique

Autrement dit, la France passe progressivement d’une logique d’influence politique à une logique de compétitivité économique.

Analyse économique : la France cherche surtout à sécuriser ses intérêts africains

L’Afrique représente aujourd’hui :

-l’un des marchés à plus forte croissance mondiale
-une réserve stratégique de matières premières
-un futur géant démographique
-un terrain clé pour les infrastructures et l’énergie

Le sommet de Nairobi ressemble donc à une tentative de reconquête économique plus qu’à une rupture idéologique. La déclaration de Macron sur la fin du “pré carré” peut alors être interprétée comme une adaptation pragmatique à une nouvelle réalité : l’Afrique ne veut plus de relations déséquilibrées, mais des partenariats compétitifs et mutuellement rentables.

Une nouvelle relation France-Afrique encore fragile

restaurer son image dans plusieurs pays africains
convaincre une jeunesse africaine de plus en plus critique
faire face à une concurrence mondiale agressive
transformer les promesses d’investissements en projets concrets

Le sommet “Africa Forward” pourrait marquer le début d’une nouvelle phase des relations franco-africaines. Mais la réussite de cette stratégie dépendra moins des discours politiques que de la capacité réelle de la France à proposer une coopération économique équilibrée et crédible.

 

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