Pour Yves Fernand Manfoumbi, l’avenir économique du Gabon passe par une transformation profonde du rôle des PME. L’ancien ministre défend une stratégie fondée sur la production locale, le financement des entreprises, la création d’emplois et l’ouverture des marchés régionaux.
« Le Gabon doit désormais faire un choix : continuer à consommer sa richesse ou commencer à la produire, la transformer et la partager. » C’est autour de cette conviction que Yves Fernand Manfoumbi articule sa réflexion sur l’avenir du Commerce et des petites et moyennes entreprises. Pour l’ancien ministre, ces secteurs ne doivent plus être considérés comme de simples leviers administratifs. Au contraire, ils doivent devenir un véritable pilier de la refondation économique du pays.
Pour concrétiser cette ambition, Yves Fernand Manfoumbi avance des objectifs chiffrés. Il propose notamment de porter à 50 000 le nombre de PME formelles au cours des cinq prochaines années et de mobiliser jusqu’à 500 milliards de FCFA de financements. À terme, cette dynamique pourrait contribuer à la création de 200 000 emplois directs et indirects, selon les projections avancées par l’ancien ministre.
Pour y parvenir, la création d’entreprise devrait d’abord être simplifiée. L’objectif serait notamment de permettre aux entrepreneurs d’accomplir leurs formalités en 24 heures. Cela passerait par une réduction des procédures administratives et par la pleine opérationnalisation du guichet unique. Une telle évolution permettrait, dans cette perspective, de faciliter l’entrée dans le secteur formel et d’offrir aux entrepreneurs un environnement plus favorable au développement de leurs activités.
Par ailleurs, l’accès au financement constitue l’un des principaux enjeux du développement des PME. Face à cette difficulté, Yves Fernand Manfoumbi préconise la création d’un Fonds national de développement des PME. Celui-ci aurait pour vocation de mobiliser davantage les banques et les partenaires au développement afin d’orienter les capitaux vers les activités productives. De cette manière, les entreprises pourraient disposer de ressources supplémentaires pour investir, développer leur production et créer des emplois.
Dans le même temps, l’ancien ministre propose de faire de la commande publique un levier en faveur des entreprises nationales. Il suggère ainsi de réserver progressivement une part significative des marchés publics aux PME gabonaises. En parallèle, il souhaite renforcer la présence du « Fabriqué au Gabon » dans les circuits de distribution. L’objectif est de créer davantage de débouchés pour les producteurs locaux et de permettre aux entreprises gabonaises de consolider progressivement leur activité
.Au-delà du financement et de la commande publique, cette vision repose également sur une diversification de l’économie. L’agriculture, l’agro-industrie, le bois, la pêche, l’élevage, le numérique, l’artisanat, les services, les mines et le pétrole figurent parmi les secteurs identifiés. Toutefois, pour que cette diversification soit durable, chaque filière devrait pouvoir s’appuyer sur un écosystème associant financement, formation, accès au foncier, technologie et débouchés commerciaux.
Ainsi, l’enjeu ne serait plus seulement de créer des entreprises, mais de construire des filières capables de produire et de transformer localement avant de partir à la conquête de nouveaux marchés.La question du secteur informel occupe également une place importante dans cette réflexion. Pour Yves Fernand Manfoumbi, la formalisation ne devrait pas reposer uniquement sur la contrainte administrative. Au contraire, elle devrait offrir des avantages concrets aux entrepreneurs. L’accès au crédit, aux marchés, à la protection sociale, à la formation et aux outils numériques pourrait notamment constituer une incitation à intégrer progressivement le secteur formel.
Enfin, l’ambition affichée dépasse le seul marché gabonais. Yves Fernand Manfoumbi souhaite voir émerger des PME capables de se développer dans l’espace régional, notamment au sein de la CEMAC, de la CEEAC et de la ZLECAf. Pour y parvenir, les entreprises devront toutefois disposer de financements adaptés, de compétences, de capacités de production suffisantes et de débouchés commerciaux.À travers cette vision, l’ancien ministre défend donc une évolution du modèle économique gabonais, avec une place plus importante accordée à la production, à la transformation locale et au développement des entreprises nationales. Une ambition qu’il résume en une formule : « Il est temps de passer de l’économie de rente à l’économie de production. »
Davilla AKANG
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