Le Gabon pourrait prochainement autoriser les entreprises Starlink et Eutelsat à fournir des services Internet par satellite sur son territoire. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, dans une interview accordée à l’Agence gabonaise de presse le 23 octobre 2026. Cette perspective vise à améliorer la couverture numérique nationale, notamment dans les localités encore privées de connexion Internet.

Plus de 200 villages sans accès à Internet
Selon le membre du gouvernement, plus de 200 villages gabonais ne sont toujours pas connectés à Internet. Dans certaines localités, le faible nombre d’habitants rend difficilement rentable l’installation d’infrastructures traditionnelles, notamment les pylônes de télécommunication. Pour répondre à cette difficulté, les autorités envisagent de recourir davantage aux solutions satellitaires. « Avec les progrès de l’Internet satellitaire, nous allons également autoriser, dans les prochains mois, des prestataires comme Starlink et Eutelsat à contribuer à la couverture de ces zones, plutôt que de devoir déployer systématiquement de la fibre optique», a déclaré le ministre à l’AGP. Cette approche permettrait de compléter le déploiement de la fibre optique et des réseaux terrestres, particulièrement dans les zones éloignées des grands centres urbains.
L’arrivée de ces opérateurs reste toutefois conditionnée à l’obtention des autorisations nécessaires. En octobre 2025, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) avait rappelé que Starlink ne disposait pas d’autorisation pour fournir ses services au Gabon. Le régulateur avait également averti que les activités exercées en violation de la réglementation pouvaient entraîner des sanctions. L’annonce du ministre marque donc une perspective d’évolution du cadre réglementaire, mais ne constitue pas en elle-même une autorisation officielle d’exploitation. Les modalités d’accès au marché devront encore être précisées par les autorités compétentes.
Au-delà de l’arrivée de nouveaux opérateurs, le gouvernement souhaite poursuivre l’extension des infrastructures numériques et favoriser l’accès aux services en ligne sur l’ensemble du territoire. Le Fonds du service universel est notamment présenté comme un levier pour améliorer la connectivité dans les zones insuffisamment desservies. L’enjeu sera désormais de concrétiser les autorisations annoncées et de déterminer les conditions dans lesquelles les opérateurs satellitaires pourront intervenir. Pour les populations des localités isolées, cette évolution pourrait ouvrir de nouvelles possibilités d’accès à Internet, à l’éducation numérique et aux services administratifs en ligne.
Kendra Charlène NDAVOURA
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