Gabon : le gouvernement accélère la réorganisation du secteur de l’eau et de l’électricité

Dorina MBA
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé l’accélération de la réforme du secteur de l’eau et de l’électricité au Gabon.

Au Gabon, le gouvernement entend accélérer la réorganisation du secteur de l’eau et de l’électricité à travers la séparation des activités de la Société d’énergie et d’eau du Gabon SEEG. Lors du Conseil des ministres du 15 octobre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a instruit l’exécutif de faire avancer cette réforme, qui vise à distinguer la production, le transport, la distribution et la commercialisation. Cette restructuration intervient dans un contexte de difficultés persistantes d’approvisionnement et soulève des interrogations sur la gouvernance du secteur, le devenir des salariés et les conséquences éventuelles pour les consommateurs.

 

Siège de la SEEG au Gabon, concerné par la réforme du secteur de l’eau et de l’électricité
La SEEG est au cœur d’un projet de réorganisation visant à distinguer les activités de production, de transport et de distribution.

La séparation des activités de la SEEG vise à revoir la répartition des responsabilités au sein de la chaîne d’approvisionnement. La production, qui consiste à fournir l’eau potable et l’électricité, obéit à des contraintes différentes de celles liées au transport et à la distribution. Le transport repose notamment sur les réseaux et les infrastructures permettant d’acheminer les ressources, tandis que la distribution assure leur livraison aux ménages et aux entreprises. La commercialisation concerne, quant à elle, les abonnements, la facturation et les relations avec les clients. En distinguant ces fonctions, les autorités pourraient faciliter l’identification des défaillances et améliorer le suivi des investissements. Toutefois, cette nouvelle organisation nécessitera une coordination efficace entre les différents intervenants afin d’éviter les chevauchements de compétences et de préserver la continuité du service public.

Pour les consommateurs, la principale interrogation concerne les effets concrets de cette réforme sur la qualité de l’approvisionnement et le coût des services. Les interruptions d’électricité, les difficultés d’accès à l’eau potable et les insuffisances des réseaux constituent des préoccupations récurrentes pour de nombreux ménages et opérateurs économiques. La spécialisation des activités pourrait permettre de mieux cibler les investissements et de clarifier les responsabilités en cas de panne. Cependant, la création de structures distinctes ne garantit pas automatiquement une amélioration du service. Les résultats dépendront notamment des moyens financiers mobilisés, de la modernisation des équipements et de la capacité des autorités à contrôler les performances des opérateurs. La question des tarifs demeure également entière : aucune hausse ni baisse ne peut être affirmée sur la seule base des orientations annoncées. Les futures dispositions devront préciser les règles de financement et les mécanismes destinés à protéger les usagers.

Le devenir des salariés et la répartition du patrimoine de la SEEG constituent d’autres enjeux majeurs de cette transformation. La séparation des activités pourrait nécessiter une redistribution des compétences, des équipements et des infrastructures entre les futures entités. Les modalités de transfert du personnel, la préservation des droits sociaux et la gestion des engagements financiers devront être clarifiées pour limiter les perturbations durant la transition. Par ailleurs, la nouvelle organisation devra définir les obligations de chaque structure en matière d’entretien des réseaux, d’intervention en cas de panne et de continuité de l’approvisionnement. À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas de considérer que l’ensemble de ces modalités est définitivement arrêté. La réforme devra donc être accompagnée de textes réglementaires précis et de mécanismes de contrôle adaptés aux réalités du secteur gabonais de l’eau et de l’électricité.

En demandant l’accélération de cette réorganisation lors du Conseil des ministres du 15 octobre 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la transformation du secteur parmi les dossiers à faire avancer. La prochaine étape consistera à préciser les responsabilités des différentes entités, les conditions de répartition des actifs et les ressources nécessaires à la modernisation des infrastructures. Pour le gouvernement, l’enjeu est de construire une organisation capable de répondre aux besoins des ménages et des entreprises tout en améliorant la gestion d’un secteur stratégique pour l’économie nationale. Pour les usagers, l’attente reste concrète : bénéficier d’une fourniture plus régulière d’eau potable et d’électricité, disposer de services accessibles et obtenir des réponses plus rapides en cas de défaillance. La réussite de la réforme de la SEEG se mesurera donc moins au nombre de structures créées qu’à sa capacité à améliorer durablement la qualité du service public au Gabon.

Dorina MBA

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