BGFIBank : L’ancien président Ali Bongo veut récupérer son argent

Dorina MBA
L'ancien chef d'État Ali Bongo Ondimba conteste le gel de ses avoirs financiers auprès de BGFIBank.

La bataille financière s’intensifie au Gabon. Plus de trois ans après sa chute du pouvoir, l’ex-chef d’État Ali Bongo Ondimba a officiellement porté plainte contre le géant bancaire BGFIBank devant la COSUMAF en octobre 2026. L’ancien dirigeant conteste le gel strict de ses comptes bancaires personnels et de ceux de sa famille, une mesure qu’il qualifie d’illégale alors que l’institution bancaire invoque des décisions de justice.

 

Le paysage politico-financier de l’Afrique centrale est secoué par un nouveau feuilleton judiciaire d’envergure. L’ancien président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a décidé de porter son différend avec la BGFIBank devant les instances de régulation régionales. À la mi-octobre 2026, ses conseils juridiques ont formellement saisi la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale COSUMAF. Cette démarche réglementaire inédite vise à contester le blocage total de ses avoirs financiers. Depuis les événements politiques d’août 2023 qui ont conduit à la transition actuelle au Gabon, l’ex-famille présidentielle se retrouve totalement privée d’accès à ses comptes de dépôt et à ses divers portefeuilles d’investissement. En ciblant directement la première institution bancaire de la zone CEMAC, Ali Bongo Ondimba tente manifestement d’internationaliser un conflit institutionnel qui s’enlise au niveau des juridictions nationales.

Pour saisir les tenants et aboutissants de cette confrontation institutionnelle, au moins cinq questions fondamentales permettent de résumer la situation. L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba, soutenu par un collectif d’avocats internationaux, agit de manière offensive contre le groupe bancaire privé BGFIBank. L’action juridique prend la forme d’une saisine officielle de la COSUMAF ainsi que de la Commission bancaire de l’Afrique centrale pour exiger la levée immédiate du gel des comptes de l’ancien couple présidentiel. Cette procédure réglementaire se déroule à l’échelle de la sous-région, dont le régulateur gère les marchés financiers depuis son siège régional. Engagée activement au cours du mois d’octobre 2026, elle marque un tournant conflictuel après de longs mois de blocage passif. Le clan Bongo dénonce une rétention de fonds privée de base légale valable et une violation des conventions bancaires. De son côté, l’établissement financier affirme appliquer avec rigueur des mesures de séquestre validées par les autorités judiciaires gabonaises.

Au cœur des débats d’actualité et des discussions populaires à Libreville, le montant astronomique des sommes immobilisées suscite naturellement de nombreuses spéculations de la part de l’opinion publique. Bien que des chiffres précis, dépassant parfois la barre des 300 milliards de francs CFA, soient régulièrement évoqués par des observateurs proches du dossier, aucune source officielle ou institutionnelle n’a validé le montant exact des dépôts en question. La discrétion absolue qui caractérise les grandes institutions bancaires de la sous-région et le secret lié à l’instruction maintiennent un flou persistant sur la valeur réelle du patrimoine financier concerné par la procédure. Cette affaire dépasse largement le simple cadre d’un litige privé ordinaire entre un client fortuné et sa banque. Elle met en lumière les tensions latentes entre le respect des strictes procédures de conformité bancaire internationale et l’application stricte des décisions politiques souveraines en période de transition démocratique.

La suite des événements s’annonce complexe pour l’ensemble des parties prenantes. La COSUMAF va devoir examiner avec une grande minutie la recevabilité technique de la plainte déposée par les avocats d’Ali Bongo Ondimba. Parallèlement, la Commission bancaire de l’Afrique centrale COBAC pourrait également être amenée à auditer l’ensemble des procédures internes de la BGFIBank pour vérifier si l’établissement a respecté scrupuleusement le cadre légal qui régit habituellement les gels d’avoirs au sein de la communauté. La défense du groupe bancaire reste stable sur une ligne de communication particulièrement claire : l’institution financière se conforme strictement et sans équivoque aux réquisitions émises par les magistrats instructeurs du Gabon. Pour les analystes financiers et les experts du secteur en Afrique centrale, la réaction finale et les arbitrages de la COSUMAF seront scrutés avec la plus grande attention. Le régulateur financier régional doit impérativement arbitrer un dossier politique extrêmement sensible sans pour autant ébranler la confiance globale des investisseurs internationaux envers le système bancaire d’Afrique centrale. Le dénouement final dépendra de l’articulation entre le droit régional et les ordonnances de Libreville.

 

 

Dorina MBA

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