Afrique du Sud : un meurtre à Durban ravive les tensions xénophobes.

Davilla AKANG

La recrudescence des violences xénophobes inquiète en Afrique du Sud. À Durban, un ressortissant étranger a été battu à mort par une foule la semaine dernière, dans un contexte de tensions croissantes contre les migrants. Face à cette escalade, le président Cyril Ramaphosa a précisé, mardi 27 octobre, les modalités du déploiement de 510 soldats dans la province du KwaZulu-Natal afin de soutenir les forces de police.

Afrique du Sud

D’après les premiers éléments rapportés, la victime se trouvait dans le centre-ville lorsqu’elle a été approchée par deux hommes issus d’un groupe de manifestants. Elle aurait ensuite été agressée par une foule d’environ 50 personnes et déclarée morte sur place. Toutefois, les circonstances exactes de cette attaque et les motivations des auteurs restent à établir. Ce meurtre intervient après plusieurs manifestations hostiles aux étrangers, marquées notamment par des pillages de commerces et des incendies de véhicules à Durban et dans la région de Johannesburg.

Par ailleurs, les tensions se sont accentuées début octobre après des contestations liées à une circulaire concernant les procédures de demande d’asile, prise à la suite d’une décision de la Cour constitutionnelle. Face aux protestations, le gouvernement a finalement retiré le texte. Pour prévenir de nouveaux débordements, 510 militaires ont été déployés depuis le 9 octobre, jusqu’au 30 novembre. Le coût de cette opération est estimé à 34 millions de rands, soit environ 1,8 million d’euros. Selon la présidence, les soldats sont prêts à appuyer la police en fonction de l’évolution de la situation.

Qu’est-ce qui alimente les violences xénophobes en Afrique du Sud ?

Au-delà de cet homicide, la persistance des violences xénophobes révèle des tensions profondes autour de l’immigration en Afrique du Sud. Le chômage, les difficultés économiques et les inquiétudes liées à l’accès aux services publics alimentent parfois le rejet des étrangers, accusés à tort d’être responsables des difficultés rencontrées par une partie de la population.

Malgré ce phénomène, la lutte contre la xénophobie ne se limite pas au renforcement de la sécurité : elle suppose également de combattre les préjugés et de prévenir de nouvelles agressions contre les ressortissants étrangers.

 

Davilla AKANG

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