Samantha Biffot à Cannes 2026 : le Gabon entre dans l’histoire du cinéma mondial

REBECCA FUNDI

Une nuit cannoise historique. Le 23 mai 2026, la Gabonaise Samantha Biffot, coproductrice du long-métrage Ben’Imana, a hissé le cinéma gabonais au sommet de la scène internationale en décrochant deux prix majeurs au 79ème Festival de Cannes : la Caméra d’Or et le Prix de la critique internationale FIPRESCI. Une consécration inédite qui propulse définitivement le Gabon sur la carte du 7ème art mondial.

Une première historique sur la Croisette

Cela ne c’était jamais produit un film gabonais en sélection officielle cannoise. C’est donc avec une double dose de fierté que le Gabon a vécu la soirée de clôture du 79ème Festival de Cannes. Le premier long-métrage de la cinéaste rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo, Ben’Imana, porté notamment par la coproduction de la Gabonaise Samantha Biffot, a raflé deux distinctions majeures : *la Caméra d’Or, prix officiel du meilleur premier film toutes sections confondues, et le Prix FIPRESCI de la critique internationale.*  Une soirée que le Gabon et le Rwanda ne sont pas près d’oublier.

Ben’Imana : un film, un récit, une puissance africaine

Ben’Imana plonge le spectateur dans le Rwanda de l’année 2012, en plein cœur du déploiement des tribunaux populaires Gacaca, suivant le destin bouleversant de Vénéranda, une survivante dont le parcours questionne la mémoire, la justice et la résilience. Un sujet fort, universel, traité avec une délicatesse rare. Sélectionné parmi une trentaine de premiers longs métrages en compétition dans les différentes sections du festival, Ben’Imana a marqué les esprits dès sa première projection. Le public cannois lui a réservé une longue standing ovation, saluant la puissance de son récit et la qualité de sa réalisation.  Co-produit par le Gabon, le Rwanda, la France, la Norvège et la Côte d’Ivoire, Ben’Imana illustre la dynamique des collaborations cinématographiques internationales autour des productions africaines.  

Samantha Biffot : un parcours de battante au service du cinéma gabonais

Cette consécration n’est pas tombée du ciel. Elle est le fruit d’un parcours exceptionnel et d’une volonté de fer. Née en 1985, Samantha Biffot grandit entre le Gabon, la France et la Corée. En 2007, elle obtient une licence de cinéma, spécialisation montage, délivrée par l’École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle de Paris. De retour à Libreville, elle fonde la société Princess M Productions après avoir exercé à Paris en tant qu’assistante de production audiovisuelle pendant quatre ans. Mais avant Cannes, Samantha Biffot avait déjà prouvé sa valeur sur la scène africaine. En 2013, elle remporte le prix de la meilleure série au FESPACO le Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou pour L’Œil de la cité. En 2016, son film L’Africain qui voulait voler est sélectionné aux Trophées Francophones du Cinéma. Une trajectoire ascendante, cohérente, qui trouve aujourd’hui son aboutissement le plus éclatant sur la Croisette.

L’IGIS, pilier stratégique de cette percée internationale

Derrière la victoire de Samantha Biffot, il y a aussi la vision d’une institution. L’Institut gabonais de l’image et du son « l’IGIS » qui accompagne cette percée en déployant sur la Croisette une stratégie de visibilité et de prospection commerciale destinée à hisser le Gabon au rang de carrefour cinématographique du continent. À travers son accompagnement du projet et son soutien à Samantha Biffot ainsi qu’à sa productrice déléguée, l’IGIS réaffirme son rôle central dans le développement du cinéma national et confirme sa volonté de promouvoir les talents gabonais sur les plus grandes scènes internationales.  

Un rayonnement continental et une ambition pour demain 

Derrière ce sacre panafricain se cache une contribution gabonaise majeure. En tant que coproductrice via sa structure, Samantha Biffot démontre la maturité technique et financière des professionnels d’Afrique centrale. Ce double prix envoie un message fort à tout un continent : l’Afrique n’est plus spectatrice du cinéma mondial, elle en est désormais l’une des actrices incontournables. Porté par cette reconnaissance mondiale, le film devrait connaître une importante visibilité avant sa sortie officielle en salles, annoncée pour 2027.  

Le Gabon, lui, peut savourer. Pour la première fois de son histoire, un drapeau vert-jaune-bleu flotte au sommet de la plus prestigieuse scène cinématographique du monde. Et ce n’est sans doute que le début.

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Marie-Celine AKANDA

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