Mines au Gabon : reprise des recrutements et montée en puissance des compétences locales.

ONASIA MABITI

Après des années de stagnation, le secteur minier gabonais amorce une nouvelle phase marquée par l’intégration de talents et des perspectives d’emplois prometteuses.

Le secteur minier au Gabon entre dans une dynamique de renouveau. Longtemps freiné par un gel des embauches dans la fonction publique, le ministère en charge des Mines enclenche aujourd’hui une politique active de renforcement de ses effectifs, en phase avec l’expansion des projets extractifs à travers le pays. Sous l’impulsion du ministre Sosthène Nguema Nguema, une première avancée significative a été réalisée avec l’intégration administrative de plus de 160 nouveaux profils. Une proportion importante de ces recrues est constituée de géologues, des experts essentiels pour accompagner les ambitions du pays dans l’exploration et l’exploitation de ses ressources naturelles. Leur entrée effective en fonction reste toutefois conditionnée à la validation des postes budgétaires.

Ce regain d’activité intervient après plus d’une décennie sans recrutement, une période qui a progressivement affaibli les capacités techniques du ministère. Malgré l’existence de compétences locales, le manque d’opportunités avait limité leur mobilisation au service du secteur. Au-delà de ces nouvelles intégrations, les autorités envisagent également une meilleure redistribution des ressources humaines. Certains spécialistes, actuellement en poste dans d’autres administrations, pourraient être réaffectés vers les mines afin de répondre à la demande croissante en expertise.

Parallèlement, le gouvernement met en avant les efforts consentis en matière de formation. Plusieurs étudiants gabonais poursuivent leur cursus à l’international, notamment en Australie, tandis que d’autres se perfectionnent dans des établissements en Côte d’Ivoire ou au niveau local, notamment à Moanda. Contrairement à certaines informations circulant en ligne, la majorité de ces étudiants affiche des performances jugées satisfaisantes, avec très peu de cas de réorientation. Cette stratégie vise à bâtir un vivier solide de compétences nationales capables de soutenir durablement la croissance du secteur. L’un des défis majeurs reste désormais l’insertion professionnelle de ces jeunes diplômés.

Les perspectives s’annoncent néanmoins encourageantes. Avec le développement attendu de nouveaux sites miniers, notamment à Milingui et Baniaka, près de 500 emplois directs pourraient voir le jour dans les prochaines années, offrant ainsi des opportunités concrètes pour la jeunesse gabonaise. Toutefois, les autorités rappellent que l’industrie minière obéit à des cycles longs. Entre les phases de recherche et celles de production, plusieurs années peuvent s’écouler avant que les retombées économiques ne soient pleinement perceptibles.

Cette relance des recrutements s’inscrit dans une réforme plus globale du secteur, portée par la modernisation des outils de gestion, notamment le cadastre minier, et une volonté affirmée d’attirer davantage d’investisseurs. En misant sur le capital humain, le Gabon entend ainsi poser les bases d’un développement minier plus structuré, capable de valoriser efficacement ses ressources naturelles tout en créant des opportunités durables pour sa population.

MABITI ONASIA.

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