Gabon : transporteurs et commerçants suspendent leurs activités pour dénoncer les prélèvements routiers

Kendra Charlène NDAVOURA

Un mouvement de suspension des activités touche des transporteurs routiers et des commerçants impliqués dans l’approvisionnement de Libreville depuis le Cameroun. Annoncée le 30 octobre 2026, cette décision intervient dans un contexte de contestation des prélèvements effectués sur certains axes routiers, notamment dans la province du Woleu-Ntem. Les professionnels concernés dénoncent des charges qu’ils jugent trop importantes pour la poursuite de leurs activités.

transporteurs

Des prélèvements routiers au cœur de la contestation

Selon les informations rapportées par Gabon Media Time, le collectif à l’origine du mouvement dénonce plusieurs contributions financières imposées aux transporteurs lors de leurs déplacements. Les montants évoqués varient selon les localités et les catégories de véhicules. Les transporteurs font notamment état de prélèvements pouvant atteindre 20 000 FCFA pour certains camions de dix roues à Bitam et 30 000 FCFA pour des semi-remorques. À Oyem, ils évoquent une somme de 15 000 FCFA, contre 10 000 FCFA à Mitzic. Ces montants correspondent aux déclarations des professionnels relayées par le média et n’ont pas été indépendamment vérifiés.

Au-delà des prélèvements routiers, les professionnels dénoncent également les amendes liées aux opérations de pesée au pont-bascule de Ndjolé. Selon leurs déclarations, certains camions transportant des produits alimentaires seraient considérés en surcharge et feraient l’objet de sanctions financières. Le collectif évoque des amendes pouvant atteindre 712 000 FCFA, voire 1,3 million de FCFA dans certains cas. Ces accusations restent à confronter aux explications des services responsables du contrôle et de la réglementation du transport routier.

Cette mobilisation intervient également dans un contexte de révision de la politique fiscale. Le 8 septembre 2026, le gouvernement a annoncé la suspension de l’octroi de nouvelles exonérations fiscales et douanières, ainsi que des avantages accordés par certaines conventions et décisions administratives. À fin juillet 2026, le manque à gagner lié aux exonérations était évalué à 283,277 milliards de FCFA, dont 209,239 milliards pour les Douanes et 74,038 milliards pour les services fiscaux. Cette décision s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer les recettes publiques. Toutefois, aucun élément disponible ne permet d’établir qu’elle constitue la cause directe du mouvement de suspension des activités. Par ailleurs, les difficultés d’approvisionnement en carburant observées dans le Grand Libreville au début du mois d’octobre avaient suscité des inquiétudes chez les consommateurs. Le 29 octobre, la SGEPP a néanmoins assuré disposer de stocks suffisants pour garantir la continuité de l’approvisionnement national. La suspension des activités annoncée par le collectif soulève ainsi des interrogations sur la continuité de l’approvisionnement de Libreville en marchandises venues du Cameroun. L’évolution du mouvement et les éventuelles réponses des autorités seront déterminantes pour apprécier ses répercussions sur les circuits commerciaux.

 

Kendra Charlène NDAVOURA

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