Six mois après son lancement officiel, le 10 avril 2026, la Centrale d’achat du Gabon (CEAG) est appelée à faire le point sur ses premières activités. Mise en place pour contribuer à la lutte contre la vie chère, cette structure a notamment multiplié les opérations commerciales dans plusieurs localités du pays. Toutefois, au-delà de ces initiatives, la question de leur impact durable sur le pouvoir d’achat des ménages reste posée.

Des méga-marchés au cœur des premières opérations
Depuis son lancement, la CEAG a organisé plusieurs méga-marchés dans différentes localités, notamment à Akanda, Owendo et Makokou. Ces opérations permettent aux populations d’accéder, pendant des périodes déterminées, à des produits de première nécessité proposés à des prix réduits. À Owendo, le 27 juin 2026, l’Agence gabonaise de presse rapportait notamment la mobilisation de huit partenaires autour de cette initiative. La centrale avait également évoqué le développement d’un réseau de magasins partenaires à Libreville et à Port-Gentil, avec l’objectif de rendre les produits accessibles au-delà des marchés ponctuels. Ces démarches témoignent d’une volonté d’élargir le dispositif, même si leur portée dans la durée reste à mesurer.
Au terme de ces six premiers mois, l’évaluation de l’action de la CEAG constitue un enjeu important. Les consommateurs et les observateurs attendent notamment davantage de précisions sur les volumes de produits distribués, l’évolution des prix et les économies réellement réalisées par les ménages. En l’absence de données publiques détaillées permettant de mesurer ces différents indicateurs sur une période prolongée, il reste difficile d’établir dans quelle mesure les opérations menées ont contribué à une baisse durable du coût de la vie. Les prix réduits proposés lors des méga-marchés constituent une première réponse, mais leur effet doit pouvoir être apprécié au-delà de ces événements.
Érigée en société d’économie mixte, la CEAG est détenue à 37 % par l’État gabonais et à 63 % par des actionnaires privés. Son intervention vise notamment à agir sur l’approvisionnement et la distribution de produits de consommation courante afin de contribuer à la maîtrise des prix. Le projet prévoyait également des mécanismes de suivi des prix et une meilleure visibilité sur les produits concernés. Leur mise en œuvre effective et leur accessibilité pour les consommateurs méritent toutefois d’être précisées. Six mois après son lancement, l’enjeu pour la Centrale d’achat du Gabon est donc de démontrer que ses premières opérations peuvent s’inscrire dans un dispositif régulier et mesurable. La publication d’un bilan détaillé permettrait de mieux apprécier les résultats obtenus et de déterminer dans quelle mesure la structure contribue concrètement à alléger les dépenses des ménages.
Kendra Charlène NDAVOURA
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