Administration publique gabonaise : régularisation de 647 agents publics

Dorina MBA
La régularisation de 647 agents publics marque une nouvelle étape dans le traitement des carrières au sein de l’administration publique gabonaise.

Au Gabon, la lenteur des procédures administratives pèse depuis longtemps sur le quotidien des fonctionnaires. Lundi 26 octobre, une séance de travail du Guichet unique a permis de signer 196 projets d’actes concernant 647 agents de l’État. Pour ces derniers, c’est la perspective de voir enfin aboutir des dossiers parfois restés sans suite pendant des années.

 

Les actes validés couvrent des étapes décisives d’une carrière : intégrations définitives, promotions, changements de grade et modifications de statut. Concrètement, ces décisions conditionnent le niveau de salaire, la stabilité de l’emploi et l’accès à certains droits, comme la progression dans l’échelle indiciaire ou la prise en compte de l’ancienneté. Leur retard est une source de frustration bien connue dans l’administration, car un agent dont la situation n’est pas régularisée peut rester des mois, voire des années, avec une rémunération qui ne correspond plus à ses fonctions réelles. Le traitement groupé de ces centaines de dossiers répond ainsi à une attente forte du personnel, qui y voit la reconnaissance d’un parcours professionnel trop longtemps laissé en suspens.

 

La rencontre était dirigée par Laurence Ndong, ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, aux côtés de Marc Abeghe, ministre délégué chargé de la Lutte contre la vie chère. La présence de ce dernier suggère que l’exécutif associe la régularisation des carrières à la question du pouvoir d’achat, dans un contexte où le coût de la vie reste une préoccupation dans les ménages. Les autorités présentent l’opération comme un moyen de résorber les dossiers en souffrance et de rendre la gestion des ressources humaines de l’État plus rapide, plus réactive et mieux suivie, avec l’ambition affichée de mieux accompagner les agents tout au long de leur carrière.

 

Le gouvernement inscrit cette initiative dans le quatrième axe du programme du président Brice Clotaire Oligui Nguema, centré sur le capital humain et la justice sociale, et y voit un levier essentiel de la transformation de l’État. Reste toutefois à vérifier que ces signatures se traduiront rapidement dans les situations réelles des agents, notamment sur leurs bulletins de paie, et que les dossiers encore en attente seront traités à leur tour lors de prochaines séances. C’est à cette condition que l’opération pourra être perçue non comme un simple coup d’éclat administratif, mais comme le début d’un véritable assainissement durable de la gestion des carrières dans la fonction publique.

 

Dorina MBA

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