Le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, Thierry Minko, sollicite une enveloppe de 5,3 milliards de francs CFA pour moderniser les douanes et valoriser le patrimoine de l’État en 2027. Un projet financier présenté aux députés, mais qui se heurte aux performances d’exécution décevantes de l’année en cours, semant le doute au Parlement. Entre retards chroniques et promesses technologiques, l’exécutif joue sa crédibilité.
Devant la commission budgétaire de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, Thierry Minko, est venu défendre les arbitrages inscrits au titre de la mission 68 du projet de loi de finances 2027. L’objectif principal de cette enveloppe de 5,3 milliards de FCFA vise à réorganiser l’inventaire des biens publics tout en injectant des ressources fraîches dans l’outil informatique de l’administration douanière. Cependant, la présentation du membre du gouvernement s’est rapidement heurtée au scepticisme des députés, vivement préoccupés par le faible rendement des crédits alloués l’année précédente. En effet, à la fin du troisième trimestre 2026, à peine 24,2 % des fonds dédiés à la valorisation du patrimoine public avaient été effectivement engagés, représentant 644,4 millions de FCFA dépensés sur un budget total de 2,7 milliards. Le constat s’avère tout aussi préoccupant concernant le volet informatique des douanes, où seulement 19,5 % de la dotation a été consommée, soit 511,3 millions de FCFA ordonnancés sur 2,6 milliards prévus. À ces retards d’imputation financière s’ajoute un flou de 200 millions de FCFA dans la répartition du programme patrimonial, sur lequel la représentation nationale exige des explications limpides.
Afin d’inverser cette tendance et de justifier ce nouvel effort financier, l’exécutif met en avant une série de mesures concrètes programmées pour l’exercice 2027. Sur le plan de la gestion des actifs de l’État, le ministère prévoit de lancer la réforme de 1 067 véhicules du parc automobile administratif, d’accélérer l’immatriculation foncière des terrains publics à travers le territoire national et d’entamer le recouvrement des immeubles occupés sans autorisation légale. Sur le plan douanier, la stratégie repose sur un saut technologique: le déploiement de cinq nouveaux modules opérationnels sur la plateforme SYDONIA World, le raccordement numérique de 14 postes de contrôle aux frontières et le recyclage technique de 50 agents. L’administration mise également sur des algorithmes d’intelligence artificielle pour optimiser la traçabilité des conteneurs marchands, avec pour ambition d’amener 70 % des usagers à effectuer leurs formalités directement en ligne.
Conscient que la répétition des blocages administratifs nuit à la crédibilité de l’action publique, le ministère s’engage à encadrer plus strictly la commande publique et à réactualiser le registre du domaine de l’État. Des critères d’évaluation précis seront désormais appliqués pour mesurer l’impact réel de la dématérialisation sur le terrain, notamment à travers le raccourcissement des délais de passage en douane et l’étanchéité de la collecte des taxes. Mais au-delà des projections chiffrées et des déclarations d’intention, le gouvernement devra surtout démontrer sa capacité à exécuter les dépenses dans les temps. C’est uniquement par une transparence exemplaire dans l’attribution des marchés et une rigueur accrue sur le suivi des réformes que le ministère de l’Économie parviendra à dissiper les doutes des élus de la Nation.
Dorina MBA
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