Psychose des anciennes pièces au Gabon : la méfiance anticipe la date de la BEAC et s’invite jusqu’aux quêtes des églises

Dorina MBA

La Banque des États de l’Afrique Centrale BEAC a fixé au 1er novembre 2026 la fin officielle du cours légal des anciennes gammes de pièces émises entre 1958 et 1985. Bien que cette date soit encore à venir, force est de constater que les citoyens gabonais se méfient déjà de ces pièces ciblées, provoquant un rejet de la monnaie qui paralyse les transactions du quotidien et s’invite désormais jusque dans les troncs de quête des églises de Port-Gentil.

 

Pour une offrande digne et responsable, utilisez uniquement des pièces et billets ayant encore cours légal.

 

Sur toute l’étendue du territoire gabonais, la confusion règne et la population commence déjà à refuser l’utilisation de ces séries de pièces spécifiques depuis l’apparition des communiqués officiels. Cette peur d’être bloqué avec de la monnaie obsolète crée une tension dans les échanges de tous les jours, affectant aussi bien les petits commerces de quartier que les transports en commun. Le phénomène se répercute également dans l’Église, notamment au sein de la Paroisse Cathédrale Saint-Louis de Port-Gentil. En réponse à cette situation, cette dernière a publié un communiqué officiel via sa page Facebook, illustré par un visuel titré « STOP AUX ANCIENNES PIÈCES DANS LES QUÊTES ! », afin d’encadrer la pratique et de rappeler aux fidèles la consigne officielle : « Pour une offrande digne et responsable, utilisez uniquement des pièces et billets ayant encore cours légal ».

​Pourtant, un examen attentif du calendrier de la BEAC démontre que cette précipitation est excessive, car l’institut d’émission a prévu une transition organisée et progressive. Si l’arrêt effectif des transactions est programmé pour le 1er novembre 2026, une longue période de transition s’étendra ensuite tout au long de l’année 2027 pour permettre à chaque citoyen d’échanger sereinement ces coupures auprès des banques, des structures de microfinance et des guichets de la BEAC. Avec des échéances aussi lointaines et structurées, ces pièces ont largement le temps de disparaître de la circulation de manière naturelle, sans qu’il soit besoin de céder à une telle inquiétude. Ce rejet prématuré, appliqué bien avant la date limite, ne fait qu’asphyxier inutilement la petite circulation monétaire nationale et complique la vie financière des usagers qui se privent de liquidités pourtant encore valables.

Au pire des cas, si on venait à se retrouver en possession de ces pièces peu de temps avant le 1er novembre 2027, il est toujours possible d’aller les échanger auprès des banques, des structures de microfinance ou des guichets de la BEAC afin de ne perdre aucune valeur.

 

Dorina MBA

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