Éléphants au Gabon : les failles du dispositif de protection inquiètent les députés.

Davilla AKANG

Au Gabon, les éléphants continuent de représenter une menace pour les exploitations agricoles. Malgré l’installation de barrières électrifiées pour protéger les cultures, les limites de ce dispositif soulèvent des interrogations sur la capacité des pouvoirs publics à mieux protéger les populations rurales.

éléphants

Le conflit homme-éléphant au Gabon continue de mettre à l’épreuve les communautés agricoles. Pour de nombreux exploitants, les incursions des pachydermes représentent une menace pour les récoltes et fragilisent les revenus tirés de la terre. Face à cette situation, les dispositifs de protection déployés dans plusieurs régions du pays constituent une réponse concrète, mais leur portée demeure limitée.

Les données communiquées par Space for Giants font état de 2 130 barrières électrifiées mobiles installées au Gabon au 31 décembre 2025. D’après des informations publiées par Mongabay en février 2026, ces équipements auraient permis de repousser les éléphants dans 94 % des cas. Ces résultats témoignent de l’utilité du système, sans pour autant garantir une protection absolue des plantations.

Qu’est-ce qui compromet l’efficacité des installations ?

Plusieurs facteurs peuvent réduire la capacité des barrières à empêcher les incursions. L’entretien représente notamment une contrainte importante : lorsque les herbes et les branches touchent les fils, la tension peut diminuer et rendre le dispositif moins performant. Le suivi régulier des équipements constitue donc une condition essentielle à leur bon fonctionnement.

L’accès aux installations pose également problème dans certaines localités. En mars 2024, des informations publiées par Gabon Media Time faisaient état de 50 barrières installées dans l’Ogooué-Maritime, pour 900 demandées. Cet écart illustre les difficultés rencontrées pour répondre aux attentes des agriculteurs.

Les conséquences sur les activités agricoles restent préoccupantes. Début janvier 2026, à Makouké, dans le Moyen-Ogooué, des exploitants ont saisi les services provinciaux des Eaux et Forêts après avoir constaté des dégâts dans leurs plantations. Ils demandaient notamment une compensation et des équipements supplémentaires pour prévenir de nouvelles incursions.

Dans ce contexte, l’installation de barrières ne peut constituer l’unique réponse. Le suivi technique, l’accès aux équipements et l’accompagnement des agriculteurs doivent également être pris en compte. L’ouverture, en avril 2026, d’une base provinciale dédiée aux clôtures électriques à Oyem, dans le Woleu-Ntem, s’inscrit dans cette logique de renforcement du dispositif.

Pour les autorités, l’enjeu est de trouver des réponses capables de protéger les moyens de subsistance des populations tout en préservant les éléphants. Les limites observées sur le terrain montrent que la coexistence entre les activités humaines et la faune sauvage nécessite une approche qui dépasse la seule installation de barrières.

 

Davilla AKANG

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