CEMAC : le Gabon se positionne comme la deuxième puissance budgétaire d’Afrique centrale en 2027

Kendra Charlène NDAVOURA

Le Gabon renforce son poids financier au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). En effet, avec un Projet de loi de finances (PLF) 2027 évalué à 6 223,1 milliards de FCFA, le pays se positionne au deuxième rang sous-régional en matière de volume budgétaire, derrière le Cameroun. Porté sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, ce projet affiche une progression de 13,2 % par rapport à la loi de finances rectificative de 2026.

CEMAC

Un budget de 6 223,1 milliards de FCFA

Dans le détail, le budget prévisionnel du Gabon pour 2027 s’établit à 6 223,1 milliards de FCFA, soit une hausse de 727,9 milliards de FCFA par rapport aux 5 495,2 milliards de FCFA inscrits dans la loi de finances rectificative de 2026. Ainsi, cette progression de 13,2 % traduit une augmentation des ressources et des dépenses prévues pour le prochain exercice budgétaire. Par ailleurs, à l’échelle de la CEMAC, dont le budget prévisionnel cumulé des six États est estimé à 23 260,6 milliards de FCFA, l’enveloppe gabonaise représenterait environ 26,7 % du total régional. De ce fait, le Gabon occupe une place importante dans les finances publiques de la sous-région. Son budget dépasse notamment ceux du Congo, estimé à 2 599,1 milliards de FCFA, et de la Guinée équatoriale, évalué à 1 119,7 milliards de FCFA, selon les données communiquées.

Au-delà des finances publiques, le secteur bancaire contribue également à illustrer le poids économique du pays. En effet, sur les 449,8 milliards de FCFA de bénéfices enregistrés par les banques d’Afrique centrale, les établissements bancaires gabonais auraient généré 113,9 milliards de FCFA. Le Gabon se classe ainsi derrière le Cameroun, mais devant le Congo, selon les chiffres avancés. Toutefois, ces performances doivent être analysées avec nuance. Si les bénéfices bancaires témoignent du dynamisme du secteur financier, ils ne suffisent pas, à eux seuls, à mesurer la puissance économique globale d’un pays. Ils constituent néanmoins un indicateur complémentaire du poids du marché gabonais dans l’espace communautaire.

Parallèlement, la hausse du budget s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. À travers ce programme, les autorités entendent soutenir les investissements publics, renforcer les infrastructures et accélérer la diversification de l’économie nationale. Dans cette perspective, les prévisions économiques tablent sur une croissance soutenue, portée notamment par les secteurs des mines, de la filière bois et de l’agriculture, en complément des activités pétrolières. De plus, le renforcement de l’intégration commerciale au sein de la CEMAC constitue un autre levier de développement, notamment grâce aux entreprises gabonaises agréées au régime tarifaire préférentiel de la communauté.

En définitive, avec un budget prévisionnel de 6 223,1 milliards de FCFA, le Gabon consolide sa place parmi les principaux acteurs financiers de l’Afrique centrale. Cependant, au-delà de cette progression budgétaire, l’enjeu reste de transformer les ressources mobilisées en investissements productifs, en emplois et en améliorations concrètes des conditions de vie des populations.

 

Kendra Charlène NDAVOURA

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