Le projet hydroélectrique de Kinguélé Aval, situé sur la rivière Mbei, à environ 90 kilomètres de Libreville, approche de son échéance opérationnelle. Avec une puissance installée de 35 mégawatts (MW) et une production annuelle estimée à 205 gigawattheures (GWh), cette infrastructure représente un investissement stratégique pour renforcer l’approvisionnement en électricité du Grand Libreville. Sa mise en service progressive est prévue au cours du dernier trimestre 2026, selon le calendrier annoncé.

Une capacité de production supplémentaire pour le réseau électrique
Avec ses trois turbines de type Francis, la future centrale de Kinguélé Aval doit contribuer à augmenter la capacité de production électrique du Gabon. L’ouvrage vient compléter le complexe hydroélectrique de la vallée, qui comprend déjà les barrages de Kinguélé Amont, d’une puissance de 57,6 MW, et de Tchimbélé, avec 68 MW. Par ailleurs, la centrale sera raccordée au réseau national grâce à une ligne et à un poste électrique à haute tension de 225 kilovolts. Cette connexion doit faciliter l’acheminement de l’électricité produite vers les zones de consommation. L’infrastructure comprend également un ouvrage mixte en terre et en béton, haut de 48,5 mètres et long de 470 mètres. À terme, sa production annuelle pourrait représenter environ 13 % des besoins en électricité du Grand Libreville, selon les estimations communiquées pour le projet.
Le coût global du projet est estimé à 120 milliards de FCFA. Sa réalisation repose sur un partenariat public-privé associant la Gabon Power Company (GPC) et Meridiam, avec l’appui technique d’EDF. Le financement combine des fonds propres, représentant 28 % de l’investissement, et des crédits contractés auprès de bailleurs internationaux, à hauteur de 72 %. Ce montage financier permet de mobiliser les ressources nécessaires à la construction d’une infrastructure énergétique de grande envergure. Sur le plan socio-économique, le chantier mobilise 767 travailleurs, dont plus de 530 Gabonais, ainsi qu’une cinquantaine d’entreprises locales. Cette participation nationale favorise l’activité économique autour du projet et offre des possibilités d’emploi et de sous-traitance aux acteurs locaux.
Au-delà de sa capacité de production, Kinguélé Aval s’inscrit dans les ambitions environnementales du Gabon. Le projet prévoit d’éviter le rejet d’environ 73 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO₂) par an grâce à la production d’électricité d’origine hydraulique. Il est également présenté comme le premier projet gabonais à intégrer le mécanisme de crédit carbone des Nations unies. Cette dimension environnementale accompagne l’objectif national de porter la part des énergies renouvelables à 80 % du mix énergétique. Toutefois, l’amélioration durable de l’approvisionnement dépendra aussi de la capacité du réseau à transporter et distribuer l’électricité produite, ainsi que de la maîtrise des besoins croissants en énergie.
Avec sa mise en service progressive attendue d’ici la fin de 2026, Kinguélé Aval constitue un levier important pour renforcer les capacités électriques du Gabon. Reste à mesurer ses effets concrets sur la fréquence des délestages et la continuité de l’alimentation électrique dans le Grand Libreville.
Kendra Charlène NDAVOURA
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