Le vendredi 2 octobre 2026, la dette des États de la CEMAC dépasse le seuil des 12 000 milliards de FCFA, faisant monter la pression sur les finances publiques de la sous-région. Alors que les six pays membres, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad, doivent continuer à financer leurs infrastructures et leurs politiques publiques, ils sont également confrontés à une hausse du poids du service de la dette. Cette nouvelle situation relance le débat sur la capacité des économies de la CEMAC à financer leur développement tout en préservant leurs équilibres financiers.

En effet, les créances nettes du système monétaire sur les États de la CEMAC atteignaient 12 218,3 milliards de FCFA à fin juin 2026, contre 10 873,3 milliards de FCFA un an plus tôt. En douze mois, l’encours a ainsi progressé de 1 345 milliards de FCFA, soit une hausse de 12,4 %. Cette évolution traduit l’importance croissante des besoins de financement des États du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad. Le recours à l’emprunt permet aux gouvernements de financer leurs investissements et certaines dépenses publiques, mais il augmente également les engagements financiers à honorer dans les années à venir.
Par ailleurs, cette progression intervient alors que les autres acteurs économiques continuent eux aussi de solliciter le système financier régional. À fin juin 2026, les crédits accordés aux entreprises, aux ménages et aux autres agents économiques s’élevaient à 13 638,7 milliards de FCFA, en hausse de 8,8 % sur un an. La forte progression des créances sur les États souligne ainsi le poids des besoins de financement publics dans l’activité bancaire de la sous-région. Cette situation invite également à observer l’évolution du service de la dette, dont le poids peut réduire progressivement les marges de manœuvre des budgets nationaux.
De plus, l’endettement des États de la CEMAC évolue dans des économies encore largement dépendantes des matières premières. Le pétrole, le gaz, le manganèse et d’autres ressources naturelles représentent une part importante des recettes d’exportation de plusieurs pays de la région. Or, les fluctuations des cours internationaux peuvent directement affecter les revenus publics. Lorsque les recettes diminuent, les gouvernements disposent de moins de ressources pour financer leurs politiques publiques et honorer leurs engagements financiers. La diversification des économies apparaît donc comme un enjeu majeur pour réduire cette vulnérabilité.
Toutefois, le recours à l’endettement ne constitue pas nécessairement un problème lorsqu’il permet de financer des investissements susceptibles de créer de la richesse et de nouvelles recettes. Les infrastructures de transport, l’énergie, l’industrie et la transformation locale des matières premières peuvent notamment renforcer les capacités productives des économies de la CEMAC. Ainsi, avec des créances nettes sur les États désormais évaluées à 12 218,3 milliards de FCFA, la priorité consiste à maintenir un équilibre entre financement du développement, maîtrise des engagements publics et stabilité financière. Pour les gouvernements de la sous-région, l’enjeu sera surtout de faire en sorte que l’endettement contribue à une croissance durable plutôt qu’à une accumulation continue des charges financières.
Dorina MBA
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