C’est un signal fort envoyé au marché du travail gabonais. Ce jeudi, le Ministre du Commerce et des PME a présenté au Chef de l’État un programme pilote visant à former 400 jeunes aux métiers techniques à Libreville, avant un déploiement national. Une initiative qui répond à une anomalie économique persistante dont le recours systématique à la main-d’œuvre étrangère pour des tâches que nos jeunes pourraient accomplir.

Au Gabon, le chômage des jeunes coexiste avec une pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs productifs. En instruisant le Gouvernement pour accélérer ce programme, le Président Oligui Nguema tranche dans le vif. Il ne s’agit plus de multiplier les filières universitaires généralistes, mais de produire des techniciens opérationnels, capables d’intégrer immédiatement les chaînes de production locales ou de lancer leur propre atelier.
En effet, former ne suffit pas. Le programme prévoit un écosystème complet ; appui technique, accès au financement et suivi post-formation. L’ambition est de transformer ces 400 premiers bénéficiaires en micro-patrons ou en salariés hautement qualifiés, servant de modèles pour les provinces.
Pour la rédaction de M+ Africa, l’enjeu de cette politique dépasse la simple insertion professionnelle. Car, il s’agit de souveraineté économique. Et tant que le Gabon importera des techniciens pour ses propres chantiers et ses propres usines, une partie de sa richesse nationale s’évaporera vers l’extérieur. En misant sur le savoir-faire manuel et technique de sa jeunesse, l’État ne fait pas seulement de la politique sociale, il rapatrie la valeur ajoutée sur le sol national.


