Un incendie survenu à la SEEG le jour même des célébrations du 66e anniversaire de l’indépendance du Gabon pose une question que beaucoup n’osent formuler à voix haute : simple incident ou nouveau coup porté à une infrastructure déjà fragilisée ?
Les faits : un incendie qui perturbe les recharges EDAN
Un incendie survenu le lundi 17 août 2026 au siège de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), en pleine célébration du 66e anniversaire de l’indépendance, vient perturber un service devenu essentiel au quotidien des ménages gabonais. Le sinistre, qui a touché les installations centrales de l’entreprise à Libreville, a entraîné des perturbations importantes de ses systèmes informatiques et provoqué la suspension temporaire de la commercialisation des unités d’électricité prépayées EDAN sur l’ensemble du territoire.
Les flammes ont causé des dommages considérables aux infrastructures informatiques, compromettant ainsi le bon fonctionnement des systèmes nécessaires à la gestion des unités EDAN. Les équipes de la SEEG se sont mobilisées pour évaluer l’étendue des dégâts et mettre en place des mesures d’urgence afin de rétablir le service dans les plus brefs délais.
Un précédent lourd : le sabotage informatique de juin 2026
Cet incendie n’est pas un fait isolé. Dans une note de presse datée du 4 août et parvenue à Gabon Media Time, la SEEG indique avoir été victime d’un « acte de sabotage » ayant provoqué « l’effondrement de près de 95 % de ses infrastructures et systèmes informatiques ». L’attaque est survenue « dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin 2026 » et a notamment affecté la plateforme de vente des unités EDAN.
Cette révélation avait suscité une vive inquiétude : comment l’opérateur stratégique de l’énergie et de l’eau au Gabon peut-il voir 95 % de ses systèmes informatiques s’effondrer en une nuit ? Et quelle est la solidité des mesures de protection mises en place depuis lors, si un simple incendie du 17 août suffit à paralyser à nouveau les mêmes services ? Bien que rétablie par la suite.
Un contexte plus large de vulnérabilité systémique
Des voix s’élèvent pour dénoncer les interruptions répétées du réseau électrique. Certaines indiscrétions évoquent notamment la vétusté des installations comme possible origine des incendies survenus dans les postes sources. S’y ajoutent les problèmes bien documentés de détournement de carburant destiné aux groupes électrogènes, et les coupures récurrentes qui privent des quartiers entiers d’électricité pendant plusieurs jours. Un tableau d’ensemble qui laisse penser que les difficultés de la SEEG dépassent largement le cadre d’incidents ponctuels.
Sabotage ou négligence ? Une enquête s’impose
Si aucun élément ne permet à ce stade d’affirmer que l’incendie du 17 août est intentionnel, le contexte invite à ne pas écarter cette hypothèse trop vite. La SEEG a reconnu avoir été victime d’un acte de sabotage il y a à peine deux mois. Qu’un nouvel incident grave touche ses infrastructures le jour même de la fête nationale qui est un symbole fort de l’autorité de l’État. Cela interpelle forcément. Les conclusions de l’enquête annoncée par les autorités seront donc suivies avec attention, tant par les professionnels du secteur que par les millions de ménages gabonais qui dépendent au quotidien de cet opérateur.
Marie Celine AKANDA
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