Le gouvernement gabonais prépare un vaste audit des dérogations fiscales et douanières. Les objectif poursuivis sont d’évaluer leur efficacité, sécuriser les recettes publiques et renforcer la gouvernance budgétaire.

Le gouvernement gabonais accélère la réforme de sa politique d’exonérations fiscales et douanières. Après la tenue d’une réunion stratégique présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, l’exécutif confirme sa volonté de passer au crible l’ensemble des avantages fiscaux accordés aux entreprises afin d’en mesurer la pertinence économique, le coût pour les finances publiques et leur conformité avec la réglementation en vigueur.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation des recettes de l’État, alors que le Gabon poursuit ses réformes budgétaires et cherche à optimiser l’efficacité de ses dépenses fiscales.
La réunion, organisée le 4 août à Libreville, a réuni le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé du Budget, Marc Abeghe, les responsables des administrations sectorielles ainsi que les directeurs généraux des Impôts et des Douanes.
Au cœur des échanges figurait la préparation d’un audit national des mécanismes de dérogations fiscalo-douanières. L’exercice devra permettre d’identifier les exonérations toujours justifiées au regard des objectifs de développement économique, celles qui nécessitent une révision et celles dont l’impact sur l’investissement ou la création de valeur reste insuffisamment démontré.
Selon Marc Abeghe, les administrations fiscales et douanières ont reçu pour instruction d’élaborer le cadre méthodologique de cette mission d’évaluation ainsi que son mode opératoire. La première étape consistera à examiner l’ensemble des textes législatifs et réglementaires qui fondent l’octroi de ces avantages.
L’objectif est de vérifier la cohérence entre les dispositions fiscales et les réglementations appliquées par les différents ministères techniques. Le gouvernement entend notamment identifier les éventuelles contradictions juridiques afin d’harmoniser le dispositif et de renforcer la sécurité juridique des exonérations accordées aux opérateurs économiques.
Au-delà de l’analyse documentaire, l’audit intégrera une phase de vérification sur le terrain. Les équipes de la Direction générale des Impôts et de la Direction générale des Douanes et des Droits indirects contrôleront si les entreprises bénéficiaires ont effectivement respecté les engagements ayant justifié l’octroi de ces avantages, notamment en matière d’investissements, de création d’emplois ou de réalisation de projets. Cette campagne de contrôle est annoncée pour le mois de septembre 2026.
Cette démarche traduit la volonté de l’État de mieux maîtriser les dépenses fiscales, souvent considérées comme un levier d’attractivité économique mais également comme un manque à gagner potentiel lorsque leur efficacité n’est pas régulièrement évaluée. Dans un contexte où la diversification des sources de revenus demeure une priorité, le gouvernement cherche à s’assurer que chaque exonération accordée génère un retour économique mesurable pour le pays.
Cette réforme s’inscrit également dans les orientations du Plan national de croissance et de développement (PNCD), qui prévoit une modernisation de la gouvernance des finances publiques, une amélioration de la mobilisation des recettes intérieures et un renforcement de la transparence dans la gestion des incitations fiscales.
À l’issue de la réunion, Hermann Immongault a demandé aux administrations concernées d’accélérer les travaux préparatoires afin de respecter le calendrier fixé par l’exécutif. Une nouvelle séance de travail devrait prochainement permettre de valider le chronogramme de l’audit et de dresser la liste des textes appelés à être actualisés.
À travers cette opération, le gouvernement envoie un signal clair : les exonérations fiscales ne seront plus seulement des instruments d’incitation économique, mais devront désormais démontrer leur contribution effective à la croissance, à l’investissement productif et au renforcement durable des finances publiques.
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Reve NGOUL-ALY


