Différend frontalier:le Gabon claque la porte à la Guinée équatoriale

Lauraine

Le Gabon suspend l’accord signé avec la Guinée équatoriale sur le différend frontalier, dénonçant des déclarations mensongères et exigeant des garanties avant toute reprise des négociations.

 

Différend frontalier

Le différend frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale connaît un nouveau rebondissement. Libreville a décidé de suspendre l’Accord d’engagement conjoint signé le 28 juillet dernier avec Malabo, en marge de la 51ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine. Une décision qui marque un durcissement de la position gabonaise et révèle une profonde détérioration du climat de confiance entre les deux États.

Dans un communiqué publié par l’ambassade du Gabon en Éthiopie et auprès de l’Union africaine, les autorités gabonaises affirment que cet accord avait pour seul objectif d’établir un cadre de dialogue destiné à organiser les discussions autour de la mise en œuvre de l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice. Pour Libreville, il ne peut en aucun cas être interprété comme une exécution anticipée de cette décision, ni comme une reconnaissance ou une modification des frontières entre les deux pays.

Le gouvernement gabonais accuse les autorités équato-guinéennes d’avoir procédé à une interprétation unilatérale et contraire à l’esprit de l’accord. Plus grave encore, Libreville dénonce la diffusion, par des canaux officiels et sur les réseaux sociaux en Guinée équatoriale, de déclarations qualifiées de mensongères, trompeuses et diffamatoires. Selon la partie gabonaise, ces affirmations cherchent à faire croire que le Gabon aurait accepté une délimitation territoriale favorable à Malabo, une version que les autorités rejettent catégoriquement.

Estimant que ces agissements compromettent le climat de confiance indispensable à toute négociation, le Gabon a choisi de suspendre le processus engagé dans le cadre de l’accord conjoint. Cette suspension restera en vigueur tant que les déclarations contestées n’auront pas été retirées, que la vérité ne sera pas rétablie et que des garanties suffisantes ne seront pas apportées pour permettre une reprise des discussions dans un esprit de bonne foi, de respect mutuel et de confiance réciproque.

Tout en réaffirmant son attachement aux principes de l’Union africaine, notamment le règlement pacifique des différends, le respect de la souveraineté des États et l’exécution de bonne foi des engagements internationaux, le Gabon prévient que cette volonté de privilégier le dialogue ne doit pas être interprétée comme un signe de faiblesse. Cette nouvelle escalade diplomatique ouvre une période d’incertitude dans un dossier sensible qui continue d’alimenter les tensions entre Libreville et Malabo.

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REVE NGOUL-ALY

 

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