La décision du directeur général adjoint (DGA) de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) de renforcer le contrôle des recettes intervient dans un contexte marqué par des irrégularités présumées dans la gestion des documents d’encaissement. Au-delà des mesures disciplinaires annoncées, cette initiative relance une question plus large : les mécanismes de contrôle interne des établissements publics sont-ils suffisamment robustes pour prévenir les dérives financières ?

Des mesures de contrôle renforcées
Selon les informations rendues publiques, le DGA de l’AGASA a engagé une opération de « tolérance zéro » visant à rétablir la traçabilité des recettes perçues par l’agence. Les délégations provinciales sont notamment invitées à restituer les carnets d’ordres d’encaissement arrivés à épuisement. Désormais, aucune nouvelle dotation ne sera accordée sans cette restitution préalable. La direction rappelle également que seuls les documents comptables officiellement autorisés peuvent être utilisés pour les opérations d’encaissement. Au-delà des sanctions, une question de gouvernance. Ces mesures dépassent le simple rappel à l’ordre administratif. Elles mettent en lumière l’importance de la maîtrise des circuits financiers au sein des établissements publics. La traçabilité des recettes, le suivi des pièces comptables et le respect des procédures constituent des exigences essentielles de la gestion publique. Lorsqu’une administration doit rappeler les règles élémentaires d’encaissement, cela peut révéler des insuffisances dans les dispositifs de contrôle interne, même si celles-ci devront être établies par les mécanismes d’audit ou les éventuelles investigations administratives.
La transparence comme exigence
L’initiative de la direction s’inscrit dans un contexte où les citoyens attendent davantage de transparence dans la gestion des ressources publiques. Les établissements publics, en particulier ceux investis de missions de contrôle sanitaire et de sécurité alimentaire, sont soumis à une obligation renforcée de bonne gouvernance. La fiabilité de leur gestion financière participe directement à leur crédibilité institutionnelle.
Un signal pour l’ensemble des administrations ?
Au-delà du seul cas de l’AGASA, cette opération pourrait être perçue comme un signal adressé à l’ensemble des structures publiques. Le renforcement des contrôles internes, la sécurisation des recettes et la responsabilisation des gestionnaires constituent aujourd’hui des enjeux majeurs dans la modernisation de l’administration gabonaise. Reste désormais à savoir si cette opération débouchera sur des audits plus approfondis, des sanctions en cas d’irrégularités avérées et des réformes durables des procédures de contrôle.
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Rebecca FUNDI


