Le Gabon réaffirme sa position en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, avec notamment l’attribution à l’Afrique de deux sièges permanents dotés du droit de veto et de cinq sièges non permanents. Cette revendication, portée par Libreville dans le cadre de ses engagements diplomatiques, s’inscrit dans la Position africaine commune défendue depuis plusieurs années par l’Union africaine.

Le Gabon réaffirme sa position en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, avec notamment l’attribution à l’Afrique de deux sièges permanents dotés du droit de veto et de cinq sièges non permanents.
Le Gabon défend une représentation accrue de l’Afrique
La question de la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU figure parmi les priorités diplomatiques africaines. Le 25 septembre 2026, la ministre gabonaise des Affaires étrangères et de la Coopération, Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbénény, a notamment échangé avec le président de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies sur plusieurs priorités du Gabon, dont la réforme de l’ONU, le changement climatique et le multilatéralisme.
Pour Libreville, cette position rejoint celle défendue collectivement par l’Afrique. Le Consensus d’Ezulwini, adopté par l’Union africaine, réclame au moins deux sièges permanents avec toutes les prérogatives du statut permanent, notamment le droit de veto, ainsi que cinq sièges non permanents pour le continent.
L’argument avancé par les États africains porte notamment sur la représentativité de l’instance chargée des principales questions relatives à la paix et à la sécurité internationales. Le Conseil compte actuellement 15 membres, dont cinq permanents — Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie — et dix membres élus pour des mandats de deux ans.
Une revendication liée aux enjeux climatiques et au multilatéralisme
La diplomatie gabonaise associe également la réforme des institutions internationales aux questions de justice climatique et de financement du développement. Le Gabon, fortement engagé dans la préservation de ses forêts, entend ainsi faire entendre les préoccupations des pays africains dans les discussions internationales portant sur l’environnement, la sécurité et le financement climatique.
Cette approche présente un avantage diplomatique pour le continent : une présence africaine renforcée au sein du Conseil de sécurité donnerait aux États concernés davantage de possibilités de participer directement aux discussions sur les crises et les décisions internationales. L’Union africaine maintient d’ailleurs que la réforme doit corriger ce qu’elle considère comme une représentation insuffisante de l’Afrique dans cette instance.
Mais une réforme de cette ampleur comporte aussi des difficultés. L’attribution de nouveaux sièges permanents nécessite de parvenir à un accord entre les États membres de l’ONU sur plusieurs questions, notamment le nombre de nouveaux membres, leurs prérogatives et la question du droit de veto. Les négociations intergouvernementales restent ainsi marquées par des divergences sur les modalités de la réforme.
Le droit de veto au cœur des discussions
Pour l’Union africaine, l’enjeu ne se limite pas à obtenir des sièges permanents. Sa position officielle prévoit que ces nouveaux membres disposent des mêmes prérogatives que les autres membres permanents, y compris le veto tant que celui-ci existe.
Le droit de veto constitue un élément central du fonctionnement actuel du Conseil de sécurité. Selon l’ONU, une décision substantielle nécessite neuf voix favorables, parmi lesquelles celles des membres permanents, tandis qu’un vote négatif d’un membre permanent peut empêcher l’adoption d’une résolution.
L’élargissement du Conseil pourrait donc accroître la représentation géographique et politique de l’Afrique. En revanche, il modifierait également l’équilibre institutionnel actuel et nécessiterait un consensus suffisamment large entre les États membres.
Pour le Gabon, la question s’inscrit ainsi dans une démarche diplomatique plus large en faveur d’un multilatéralisme renforcé, d’une meilleure représentation africaine et d’une réforme des institutions internationales. La suite des négociations devra déterminer dans quelle mesure les différentes propositions pourront être conciliées avec la position commune défendue par l’Union africaine.
Kendra Charlène NDAVOURA
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