Depuis le 11 septembre 2026, la Guinée équatoriale mène des opérations de contrôle visant des ressortissants étrangers présents sur son territoire. Des interpellations et des expulsions sont rapportées, notamment parmi des citoyens camerounais. Le nombre exact de personnes concernées n’a toutefois pas été communiqué officiellement. Dans une région où les États membres de la CEMAC ont engagé un processus destiné à faciliter la circulation de leurs ressortissants, ces événements attirent de nouveau l’attention sur les conditions d’entrée, de séjour et de déplacement en Guinée équatoriale.
Les opérations signalées ces dernières semaines concernent principalement la vérification des documents détenus par les ressortissants étrangers. Malabo et Bata figurent parmi les localités citées dans les informations disponibles. Des personnes auraient été retenues à la suite de ces contrôles, tandis que d’autres auraient déjà quitté le territoire équato-guinéen à la suite de mesures d’éloignement. Des Camerounais sont notamment mentionnés parmi les personnes concernées. En l’absence d’un bilan détaillé communiqué par les autorités équato-guinéennes, il reste difficile de déterminer avec précision l’ampleur de ces opérations. Il convient donc de distinguer les faits rapportés des données officiellement établies. Ce qui apparaît néanmoins clairement, c’est le renforcement des vérifications concernant la présence des étrangers dans le pays. Pour les ressortissants des États voisins, cette situation remet au premier plan les questions liées aux documents exigés, aux conditions de séjour et aux procédures applicables en cas de contrôle.

La question prend une importance particulière dans le cadre de la CEMAC, dont les États membres ont engagé des mesures destinées à faciliter la mobilité de leurs ressortissants. La Guinée équatoriale a notamment supprimé, en 2017, l’obligation de visa pour les citoyens des pays membres disposant d’un passeport biométrique valide. Cette évolution a constitué une étape dans la mise en œuvre de la libre circulation au sein de la communauté. Elle ne signifie cependant pas que les contrôles disparaissent aux frontières ou à l’intérieur du territoire. Les autorités nationales continuent de vérifier l’identité et la situation administrative des personnes étrangères. Le point de tension apparaît lorsque ces contrôles débouchent sur des mesures d’éloignement concernant des ressortissants issus d’un autre État de la CEMAC. Les informations actuellement disponibles ne permettent pas de parler d’une suspension officielle de la libre circulation en Guinée équatoriale. Elles soulèvent plutôt des interrogations sur la façon dont les engagements communautaires sont conciliés avec les règles nationales applicables aux étrangers.
La question des expulsions de ressortissants camerounais n’est pas nouvelle. En 2025, plusieurs Camerounais avaient déjà été expulsés de Guinée équatoriale, suscitant des réactions du côté camerounais et attirant l’attention sur les relations entre les deux pays. Amnesty International a également fait état de ces expulsions dans ses rapports consacrés à la situation en Guinée équatoriale. Les opérations rapportées en 2026 donnent ainsi une nouvelle actualité à une problématique qui dépasse les seuls cas individuels. Elles replacent au centre du débat la capacité de la CEMAC à assurer une application cohérente de ses engagements en matière de mobilité régionale. Pour l’heure, aucune information officiellement établie ne permet de conclure à une remise en cause formelle du principe de libre circulation par Malabo. La question porte plutôt sur son application concrète : quels documents sont exigés, quelles règles encadrent le séjour et quelles garanties sont prévues lorsqu’un ressortissant communautaire fait l’objet d’une mesure d’éloignement ? Autant d’interrogations qui pourraient nécessiter des clarifications de la part des autorités équato-guinéennes et des instances de la CEMAC.
Dorina MBA
Suivez-nous sur facebook
Retrouvez tous nos articles ici


