En Guinée-Bissau, l’organisation de la présidentielle et des législatives prévues le 6 décembre prochain apparaît désormais compromise. La Commission électorale nationale et le Premier ministre de transition ont indiqué que les conditions techniques ne sont pas réunies pour maintenir ce calendrier électoral.

Après une rencontre avec le chef de la junte, le général Horta N’Tam, la première vice-présidente de la Commission électorale nationale, Felisberta Moura Vaz, ainsi que le Premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té, ont fait le point sur la situation.
Interrogé sur la question d’un éventuel report de la présidentielle et des législatives du 6 décembre en Guinée-Bissau, la vice-présidente de la Commission électorale a botté en touche.
Cependant, plusieurs éléments laissent déjà apparaître un changement de calendrier. En effet, la Commission électorale nationale estime qu’il est techniquement impossible d’organiser la présidentielle et les législatives à la date initialement prévue. À ce stade, aucune candidature n’aurait été enregistrée et les formations politiques ne seraient pas suffisamment préparées pour participer aux scrutins.
Désormais, l’attention se porte donc sur une prochaine déclaration du président de transition. Celui-ci devra éventuellement confirmer le report et annoncer une nouvelle date pour les élections.
Ce scrutin devait notamment permettre à la Guinée-Bissau d’engager un retour à l’ordre constitutionnel après la prise de pouvoir de l’armée, intervenue le 25 novembre dernier. Les autorités militaires avaient alors présenté l’organisation d’élections comme une étape vers le retour des civils à la tête du pays.
La situation politique reste ainsi incertaine. Depuis la prise de pouvoir de la junte, plusieurs décisions ont contribué à modifier le paysage politique national. L’ex-président Umaro Sissoco Embaló s’est notamment vu interdire de rentrer dans le pays dimanche dernier, les autorités invoquant des raisons liées à la sécurité.
Dans ce contexte, une recomposition politique semble se dessiner autour du rôle central de l’armée. Le calendrier électoral devrait donc constituer l’un des principaux enjeux des prochaines semaines en Guinée-Bissau.
Davilla AKANG
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