Gabon : les agents de santé en attente de poste budgétaire réclament leur régularisation

Kendra Charlène NDAVOURA

Le Collectif des agents en attente de poste budgétaire (APB) du ministère de la Santé a déclenché un mouvement d’humeur, lundi 28 septembre 2026, devant les locaux du ministère de la Santé à Libreville. Ces professionnels de santé dénoncent leur situation administrative et financière et réclament leur intégration au fichier de la solde de l’État. Pour plusieurs d’entre eux, cette attente dure depuis de nombreuses années.

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Des agents de santé dénoncent une précarité qui dure depuis des années

Réunis devant leur ministère de tutelle, les membres du collectif affirment travailler depuis 10, 15, voire 20 ans dans différentes structures sanitaires du pays sans avoir obtenu de poste budgétaire ni perçu de rémunération. Une situation que les manifestants qualifient de « clochardisation », estimant que leur engagement dans les établissements de santé n’est pas suffisamment pris en compte par l’administration.

Selon les déclarations rapportées par le collectif, plusieurs agents auraient continué à exercer leurs fonctions malgré l’absence de mise en solde. Ils évoquent notamment les difficultés liées aux charges familiales, au logement et aux dépenses quotidiennes. Leur principale revendication porte donc sur la régularisation administrative, l’attribution d’un poste budgétaire et la mise en solde.

Le collectif affirme également avoir constaté que des opérations de régularisation ont été réalisées récemment au sein du ministère de la Santé, sans que certains agents APB présents depuis plusieurs années ne soient concernés. Cette situation nourrit un sentiment d’injustice parmi les personnels concernés.

Postes budgétaires : une attente confrontée aux contraintes de l’État

Cette mobilisation intervient alors que le gouvernement mène une opération d’assainissement du fichier de la Fonction publique. En septembre 2026, la Commission chargée de l’examen des dossiers litigieux a étudié 1 765 situations dans 37 ministères. Au terme du processus, 1 473 agents ont été radiés, selon les chiffres présentés par la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong.

Cette opération présente un avantage pour l’administration : elle vise à améliorer la fiabilité du fichier des agents publics et à mieux maîtriser la masse salariale de l’État. Selon l’Agence gabonaise de presse, les économies annuelles attendues sont estimées à près de 11 milliards de FCFA.

Mais cette politique comporte également des enjeux. La libération de postes administratifs ne signifie pas automatiquement que ceux-ci peuvent être réattribués. Le gouvernement doit tenir compte des besoins des administrations, des arbitrages budgétaires et de la capacité de l’État à supporter de nouvelles dépenses salariales. La ministre Laurence Ndong a ainsi précisé que les postes éventuellement disponibles ne constitueraient pas automatiquement un quota destiné à de nouveaux recrutements.

Les APB réclament désormais des mesures concrètes

Pour les agents de santé mobilisés, l’enjeu est désormais d’obtenir une réponse concrète à leur longue attente. Le collectif rappelle notamment qu’une commission tripartite aurait été mise en place en mai 2026, avec l’objectif annoncé de procéder à la mise en solde d’au moins 50 agents APB à partir de juin. Selon les représentants du collectif, cette mesure n’aurait toutefois pas encore été appliquée à la date de leur mobilisation.

De son côté, la ministre de la Fonction publique a indiqué que, « s’il y a des postes budgétaires disponibles, la priorité sera donnée à ceux qui travaillent déjà et qui sont en attente de poste budgétaire ». Elle a également expliqué que les régularisations sont réalisées progressivement, en fonction des capacités budgétaires de l’État.

Pour le secteur de la santé, la question dépasse donc la seule situation administrative des agents. Une régularisation pourrait permettre de stabiliser des professionnels déjà présents dans les structures sanitaires et de renforcer la continuité des services. À l’inverse, l’absence de solution durable risque de prolonger la précarité dénoncée par ces agents et d’alimenter les tensions sociales au sein de la fonction publique.

Alors que le gouvernement poursuit la réforme du fichier de la solde, les agents APB du ministère de la Santé attendent désormais des actes permettant de transformer les annonces de régularisation en décisions concrètes.

Kendra Charlène NDAVOURA

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