Des pluies diluviennes s’abattent sur Abidjan depuis la nuit du dimanche 28 juin 2026, provoquant des inondations majeures dans plusieurs communes et poussant les autorités à déclencher la vigilance orange, un signal d’alarme qui résonne comme un cri d’urgence pour une ville qui lutte chaque année contre le même fléau.

Abidjan sous les eaux : le cauchemar se répète
Depuis la nuit du dimanche 28 juin jusqu’au lundi 29 juin 2026, des pluies diluviennes se sont abattues sans relâche sur le District autonome d’Abidjan. Les quartiers de 9 Kilos, Songon carrefour hévéa, Treichville rue des Cimenteries, l’axe Paillet-Carrefour des Deux Plateaux et Yopougon ont été submergés. Des véhicules bloqués, des rues transformées en rivières, des familles prises au piège dans leurs habitations : le tableau est alarmant pour l’environnement.
Face à l’ampleur des précipitations, les autorités météorologiques ont placé les communes de Cocody, Songon, Yopougon et Bingerville en vigilance orange, tandis que les autres communes du district passaient en vigilance jaune. La Plateforme Police Secours a appelé les populations à signaler toute situation dangereuse liée aux intempéries.
Des secours mobilisés d’urgence
Le Groupement des Sapeurs-Pompiers Militaires (GSPM) est intervenu en urgence dans plusieurs communes. Lors d’un épisode similaire survenu en juin 2024, les secours avaient enregistré 24 interventions, 227 victimes dont 205 mises en sécurité et 17 évacuées vers des centres hospitaliers. Les personnes décédées avaient pour la plupart été emportées par les eaux.
Un phénomène récurrent et meurtrier
Ces inondations ne sont pas une surprise. Chaque saison des pluies, Abidjan paie un lourd tribut humain et matériel. En 2025, le bilan officiel faisait état de 18 décès, 79 habitations inondées et 47 infrastructures publiques impactées. En 2024, les pluies diluviennes des 13 et 14 juin avaient tué 24 personnes et sinistré plus de 16 000 habitants en seulement deux jours, des précipitations représentant 62,5 % du total prévu pour toute la saison des pluies (mai-juillet).
Sur quatre ans, le bilan cumulé dépasse 75 morts officiels : 19 en 2022, 30 en 2023, 20 en 2024, 6 en 2025. Des chiffres qui restent probablement en deçà de la réalité.
Les causes : urbanisation anarchique et caniveaux bouchés
Le District d’Abidjan recense 176 sites officiellement classés à risque. Les communes de Yopougon (21 sites), Attécoubé (14 sites), Port-Bouët (9 sites) et Cocody (6 sites) figurent parmi les plus exposées. La vulnérabilité de la ville tient à trois facteurs combinés :
1. Une urbanisation incontrôlée qui pousse les populations à s’installer sur des zones inondables, des flancs de collines instables et des lits de rivières.
2. Des caniveaux obstrués par les ordures ménagères, qui réduisent la capacité de drainage et aggravent les débordements.
3. Le changement climatique, qui intensifie les précipitations et les rend de plus en plus imprévisibles.
Entre 64 % et 97 % des surfaces inondées lors des épisodes pluvieux sont des zones d’habitation.
Ce que fait le gouvernement
Face à cette urgence chronique, l’État ivoirien n’est pas resté inerte. Le Projet d’assainissement et de résilience urbaine (PARU), lancé en 2020 et financé à hauteur de 315 millions de dollars par la Banque mondiale, cible les quartiers les plus exposés : Yopougon, Abobo et Grand-Bassam. Le chantier de drainage de Yopougon-Maroc affichait un taux d’avancement de 90 % en mars 2026.
Le 2 avril 2026, une réunion interministérielle présidée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé a lancé l’opération « Zéro mort » pour la saison des pluies, avec des opérations de déguerpissement dans les zones à risque, des campagnes de sensibilisation et des travaux d’assainissement d’urgence.
Mais pour des milliers d’Abidjanais, les travaux arrivent toujours trop tard.
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MARIE-CELINE AKANDA



