Super Rambo est 99 % composé de kérosène et de gaz de pétrole. Il est hautement inflammable, toxique et sans aucune traçabilité. Pourtant, il était vendu comme un simple insecticide. Le 27 avril 2026, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a signé un arrêté ordonnant le retrait immédiat du produit « Super Rambo » de tous les points de vente au Gabon. Les consommateurs sont appelés à rapporter le produit et à signaler tout commerce récalcitrant.

Un produit frauduleux découvert lors d’une inspection
C’est lors d’une opération de routine que les services de la DGCCRF ont mis la main sur l’insecticide « Super Rambo ». Très vite, les premiers tests de laboratoire ont sonné l’alarme. Le produit, présenté comme un aérosol classique contre les moustiques et les cafards, est en réalité composé à 99 % de kérosène et de gaz de pétrole. Cette composition n’apparaît nulle part sur l’emballage. La directrice générale de la DGCCRF, Elise Emmanuelle Ntsame Obame, a personnellement supervisé l’opération.
Hautement inflammable : un risque d’explosion à domicile
Le kérosène et le gaz de pétrole sont des substances extrêmement volatiles et inflammables. Utilisé près d’une flamme, d’une cuisinière ou même d’une simple étincelle, l’aérosol « Super Rambo » peut exploser. Les autorités craignent que des familles gabonaises aient déjà utilisé ce produit en toute innocence, sans connaître le danger réel. Aucun accident n’a encore été signalé, mais la DGCCRF a préféré agir par précaution.
Une toxicité sévère pour les populations vulnérables
Au-delà du risque d’explosion, le produit présente une toxicité aiguë. Son inhalation peut provoquer des troubles respiratoires sévères, des irritations cutanées et oculaires. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes asthmatiques sont particulièrement vulnérables. L’étiquetage trompeur ne mentionne aucun de ces dangers. Le consommateur achète donc un insecticide en pensant protéger sa famille, alors qu’il met en réalité sa santé en péril.
Aucune traçabilité : le fabricant reste introuvable
Autre irrégularité majeure : l’absence totale de traçabilité. La DGCCRF n’a pas réussi à identifier le fabricant du produit. Rien ne permet de savoir dans quelle usine, dans quelles conditions et avec quels contrôles « Super Rambo » a été conditionné. Cette opacité totale est interdite par la réglementation gabonaise sur les produits chimiques destinés au grand public. L’arrêté du 27 avril vise donc aussi à sanctionner cette infraction grave.
Les consignes de la DGCCRF : arrêter, rapporter, signaler
Face à la gravité de la situation, la DGCCRF a diffusé une alerte grand public. Les consommateurs doivent :
Cesser immédiatement d’utiliser le produit.
Ne pas le jeter à la poubelle ni le brûler (risque d’explosion).
Le rapporter au point de vente, qui se chargera de sa destruction sécurisée.
Signaler tout commerce réticent via le numéro vert 8085 ou le WhatsApp 061 000 193.
Les commerçants, eux, doivent retirer le produit de leurs rayons sans délai, sous peine de sanctions réglementaires.
Précision importante : « Super Rambo » n’est pas « Rambo »

La DGCCRF tient à rassurer les Gabonais : l’insecticide « Super Rambo » est différent de l’insecticide « Rambo », connu et utilisé depuis plusieurs décennies. C’est uniquement le produit portant la mention « Super Rambo » qui est visé par l’arrêté. Les consommateurs doivent donc vérifier attentivement l’étiquette avant de rapporter ou de jeter un produit.
C’est une alerte salutaire pour la protection des consommateurs
L’affaire « Super Rambo » rappelle l’importance des contrôles sanitaires et de la régulation du marché. Sans la vigilance de la DGCCRF, des familles gabonaises auraient continué à utiliser un produit dangereux, sans en connaître les risques. Cette intervention montre que l’État peut protéger ses citoyens contre les produits frauduleux. Reste désormais à s’assurer que l’arrêté est bien appliqué dans tous les points de vente, des supermarchés aux petites boutiques de quartier.
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Marie Céline AKANDA


