Mali : le ministre de la Défense enterré, la junte promet une riposte ferme .

Lauraine

Le Mali a enterré hier son ministre de la Défense, le général Sadio Camara, assassiné samedi 25 avril dans une attaque terroriste à son domicile de Kati. En présence des autorités de la junte et de nombreuses personnalités, l’hommage a été solennel. Mais la menace reste vive : la ville de Kidal, dans le nord, serait toujours sous contrôle des rebelles du FLA (Front de libération de l’Azawad) et des djihadistes du JNIM. La junte a promis une riposte militaire ferme, alors que le deuil national se poursuit aujourd’hui.

Mali

Un enterrement sous haute tension

C’est sous forte protection militaire que le général Sadio Camara a été inhumé à Bamako. Le chef de la junte, Assimi Goïta, assistait à la cérémonie. Dans son éloge funèbre, il a juré de venger la mort du ministre et de « traquer les ennemis de la nation jusqu’à leur dernier retranchement ».

Qui a tué le général Sadio Camara ?

L’attaque a été revendiquée conjointement par deux groupes :

  • Le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), affilié à Al-Qaïda
  • Le FLA (Front de libération de l’Azawad), coalition rebelle touareg
    L’opération coordonnée a visé simultanément Kati (où se trouvait le domicile du ministre), Bamako, Mopti, Gao, Sévaré et Kidal.

Kidal : un symbole de l’effondrement sécuritaire

Selon des sources locales, la ville de Kidal, berceau historique des rébellions touareg, serait désormais entièrement sous contrôle rebelle. C’est un revers majeur pour la junte, qui avait promis de rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Le ministre de la Défense, architecte du rapprochement avec la Russie, était l’un des piliers de cette stratégie.

La riposte annoncée : entre fermeté et fragilité

La junte a promis une « riposte exemplaire ». Mais les moyens manquent. Le départ de l’armée française (Barkhane) et l’arrivée progressive des mercenaires de Wagner (aujourd’hui Africa Corps) n’ont pas enrayé l’insurrection. Les analystes estiment que l’armée malienne, minée par les défections et le manque d’équipements, n’est pas en mesure de reprendre Kidal à court terme.

Le deuil national : un peuple sous le choc

Le deuil national de deux jours, décrété dès lundi, se poursuit aujourd’hui. Drapeaux en berne, écoles fermées, annulations d’événements publics. La population malienne, déjà éprouvée par des années de guerre, vit un nouveau traumatisme. Mais beaucoup expriment aussi leur lassitude face à l’impuissance des autorités à les protéger.

le Mali à la croisée des chemins

L’assassinat du général Sadio Camara est un tournant. Il montre que les groupes armés sont capables de frapper au cœur même du pouvoir malien, à seulement 15 km de Bamako. La perte de Kidal, si elle est confirmée, serait un désastre stratégique. La junte promet une riposte. Mais sans moyens et face à une coalition ennemie unie, la reconquête s’annonce difficile. Le Mali vacille.

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MARIE-CELINE AKANDA

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